‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 19 sur 277 · POPULARITE DE CE CULTE GROSSIER · texte numérisé non relu

POPULARITE DE CE CULTE GROSSIER

La représentation commençait à grand fracas dès qu'ils arrivaient dans quelque village ou dans quelque carrefour. « Après avoir revêtu, raconte Apulée, des vêtements de diverses couleurs, s'être barbouillé le visage d'une couche de boue et s'être peint le tour des yeux, ils sortent, la tête couverte de petites mitres et vêtus de robes jaunes en soie ou en lin, ayant également aux pieds des chaussures jaunes. L'image de la déesse est portée en pompe, puis, retroussant leurs manches jusqu'à l'épaule, ils lèvent en l'air de grands Couteaux et des haches, et bondissent comme des furieux ; les accents de la flûte excitent leurs trépignements. Ils se livrent à des évolutions de fanatiques, tenvetsent la tête, tournant le cou dans tous les sens et faisant voler en rond leurs cheveux fbttants. Par intervalles ils se mordent les chairs ; à fa fin, même, avec uïi couteau à dcfux tranchante, ib se font des entîsiilles aux bras. Sous le tranchant des couteaux et iBous les meurtrisstïtès des fouets le ôfôl ruisselle de ieur sang impnr V Enfin, qua'nd ih sont faftignés, ils suspendent l'opération et recueillent dans les plis de lenrs robes les pièces de cuivre et même d'argent qu'on leur jette à profusion*. » Ces abominables eunuques fanatisaient les masses^ et sans nul doute ils se servirent st)uvent de leur influence pour soulever les populations contre une religion dont le succès eût

^ « PaBalioepervolant; adpostremum anci{»ti fenroquod^erébantsua qaisque bracchia dissecant.» (Apulée, Métamorph., liv. V, édition Bétolatid, t. IT, p. 160.)

* Apulée^ Métamorph., VUI. Voir aussi Lucien, De dea Syriac, e. Ll.

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