FOLIE DU PAGANISME
tolérance, eu appelant Soorate le bouffon d'Athènes ^ Après a?oir établi la croyance en un Dieu unique aussi bien par le raisonnement que par T histoire de la pensée humaine , Minutius Félix passe de Tapologie à la controverse , et écarte avec vigueur tout ce qui est en opposition avec cette grande et capitale vé*ritô. n le livre à une critique mordante du paga* nisme gréco-romain. L'erreur s*est de tout temps imposée à la vérité. Une antiquité ignorante et émerveillée de ses fables a légué au monde les superstitions les plus folles et les plus honteuses ; elle a créé dans son délire des monstres et des dieux, également absurdes. Les dieux ne sont que des hommes divinisés, d'anciens rois, d'anciens héros, comme Evhémëre Ta prouvé. Depuis qu'ils ont passé dieux, ils n'ont pas abjuré leur première nature. L'Iliade a raconté leurs amours et leurs colères. D'où vient qu'il ne se fait plus de dieux aujourd'hui? Leur fécondité est-elle épuisée? Jupiter est-il trop vieux et Junon stérile? Est^e que par hasard Minerve aurait blanchi? Le$ rites païens
sont ridicules ou impies. Minutius cite pour exemple les lamentations des femmes de l'Asie Mineure sur Osiris. N'est-il pas absurde de pleurer ce qu'on adore et d'adorer ce qu'on pleure? Quant aux statues mises sur les autels, si on les dépouille de la beauté merveilleuse dont les a parées le ciseau des grands artistes, on n'y verra qu'une matière grossière façonnée par des mains impudiques. Etranges divinités, qui ne savent pas même se défendre des outrages des animaux , et
* « Socrates, scnrra atticus. b (Oetav., c. XXXVIII.)