DIEU SENSIBLE AU CCEUR
et dans les grande^ réyolùtions da monde , quand il fait entendre son tonnerre et resplendir Féclair, ou bien quand il répand la sérénité dans le ciel. Ne soyez pas étonnés si Toud ne pouvez voir Dieu. Le souffle du vent meut, remue et agite toute chose, et cependant nul ne Ta tu. Nous ne pouvons contempler lé soleil, qui communique la vue à tous les êtres : ses rayons nous éblouissent et nous aveuglent, et celui qui le regarde longtemps n'y voit plus. Et tu pourrais soutenir la vue de Celui qui à créé le soleil, qui est la source même de la lumière, alors que tu dois te détourner de la splendeur de Tastre qu'il a allumé et te cacher de-^ vaut les foudres qu'il lance! Tu veux voir Dieu des yeux de la chair, quand tu ne peux ni voir ni saisir ton âme qui te fait vivre et parler * I Vous penses que Dieu ignore les actions des hommes et que, ca^ ché dans son ciel, il ne peut nous suivre tous et connaître chacun de nous en particulier. Tu te trompes, 6 homme ! tu t'abuses. Gomment Dieu serait-il loin de toi, lui qui non-seulement connaît, mais qui encore remplit les cieux, la terre et tout l'univers? Il n*est pas seulement près de nous, il est en nous ^. Considère de nouveau le soleil qui, tout en demeurant fixé dans les cieux, se répand sur toutes les contrées, présent partout et se mêle à toute vie, sans que la pureté de sa lumière soit altérée. Combien plus en est-il ainsi de Dieu, qui contemple sans cesse tout ce qu'il a créé et
1 « Deum oculis carnalibus vis videre, cum ipsam animam tuam qua vivificaris et loqueris nec aspicere possis, nec tenere.» {Octav., c. XXXU.)
s « Ubique non tantum nobis proximns^ sed infusus est. » [Octav., cXXXU.)