‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 198 sur 277 · BONHEUR DU CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

BONHEUR DU CHRÉTIEN

n'aient souffert. Octave relève, en termes magnifiques, la gloire du martyre, et il en tire une dernière preuve en faveur du christianisme. «* Quel beau spectacle pour Dieu, dit-il, que celui d'un chrétien qui lutte avec la douleur, et que n'ébranlent ni les menaces, ni les supplices, ni les tourments. Il se rit de l'appareil bruyant de la mort et de la rage des bourreaux; il lève l'étendard de sa liberté contre les rois et les princes*. Il ne cède qu'au Dieu dont il relève, c'est un vainqueur qui triomphe de son juge, car celui-là a vaincu qui a obtenu ce qu'il désirait. Quel est le soldat qui ne bravera plus audacieusement le danger sous les yeux de son général? La récompense ne saurait précéder l'épreuve, et cependant ce général ne peut donner ce qu'il n'a pas ; il peut honorer le courage, mais non prolonger la vie. Le soldat de Dieu n'est ni abandonné dans la douleur ni anéanti dans la mort. Le chrétien peut paraître malheureux, il ne saurait l'être en réalité ^. Les païens eux-mêmes ont honoré les héros du malheur qui l'ont noblement supporté. Parmi leurs héros, les chrétiens ne comptent pas seulement des hommes énergiques, mais encore de tendres enfants, de faibles femmes, qui se Jouent des croix, des tourments et des bêtes féroces. Gomment, sans le secours d'un Dieu, endurerait-on de telles souffrances? Le vrai bonheur n'est pas dans la prospérité matérielle, car

* « Gum libertatem suam adversus reges et principes erigit. » {Octav.,

c. xxxvn.)

«« Ghristianus miser i/ideri potest, non potest inveniri. » {/rf. >

c. xxxvn.)

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