‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 199 sur 277 · QUALITÉS ET DÉFAUTS DE CETTE APOLOGIE · texte numérisé non relu

QUALITÉS ET DÉFAUTS DE CETTE APOLOGIE

elle perd ceux qui s'y absorbent^ et elle ne fait en quelque sorte qu'engraisser la yictime du sacrifice ^ M les richesses^ ni les faisceaux, ni la pourpre ne préservent rhomme sans Dieu d'être un malheureux condamné que la mort va frapper. Yoilà pourquoi le chrétien fuit tous les plaisirs impurs ou sanglants d'un monde impie. Destiné à une féUcité pure et étemelle, le chrétien est déjà heureux dès cette vie par l'attente de la résurrection ^. Octave termine son plaidoyer par une foudroyante apostrophe au scepticisme désolant de la philosophie de son temps, que, contre toute justice, il fait remonter jusqu'à Socrate : « Je méprise, dit-il, tout cet orgueil de vos philosophes dont nous avons démasqué la corruption, les adultères et les oppressions, beaux parleurs, qui tonnent contre les vices qu'ils pratiquent. Nous ne mettons pas la sagesse dans nos vêtements, mais dans nos cœurs ; nous ne disons pas de grandes choses, nous les faisons ^. » Le dernier mot du dialogue est un cri de victoire en l'honneur de la religion nouvelle.

Nous pouvons maintenant mesurer la distance qui sépare l'apologie de Minutius Félix de celles des grands docteurs d'Alexandrie. Elle a toutes les qualités d'une belle plaidoirie; elle est éloquente, nerveuse, riche de faits et propre à faire une vive impi^ession sur l'esprit des Romains ; elle abonde en traits frappants qui

^ « Hi enim ut victinise ad sapplicinm saginantur^ tit hostis ad po^-* nam coronantur. » {Octav,, c. XXXVII.) s Id., c. XXXVIII.

3 « Non eloquimur magna, sed vivimus* » {Id., c. XXXVUI.)

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