‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 200 sur 277 · QUAUTÉS ET DEFAUTS DE CETTE APOLOGIE · texte numérisé non relu

QUAUTÉS ET DEFAUTS DE CETTE APOLOGIE

donnent à la pensée tout son relief. Mais elle est très incomplète. Minutius Félix insiste bien plutôt sur les principes généraux du théisme que sur le christianisme proprement dit; il démontre l'unité, la spiritualité de Dieu, les bienfaits de T épreuve, mais il ne mentionne nulle part la grande doctrine de la rédemption ; la personne du Christ est absente de son livre. On sent bien qu'elle l'a traversé, au parfum de charité et de sainteté qui s'en exhale, mais il n'est jamais présenté directement comme le Dieu sauveur. L'apologiste a taillé avec le plus grand soin les degrés qui doivent conduire au temple, mais il nous laisse sur le seuil, et la porte n'est pas largement ouverte. Sa défense du christianisme nous offre donc de grandes lacunes. Son mérite est d'avoir combattu avec vigueur les tendances funestes de son siècle, ce scepticisme frivole qui tuait dans les âmes , non-seulement les croyances supérieures, mais encore la faculté même de croire, et les laissait incapables à la fois de nier et d'aflBrmer, à la merci de tous les mauvais entraînements du cœur et de la pensée.

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