‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 202 sur 277 · THEOPHILE D*ANT10GHE · texte numérisé non relu

THEOPHILE D*ANT10GHE

à ce brait, à ce faste qoi tous charme. Ce ne sera point offenser yos ancêtres que d^adopter une doctrine contrfdre à leurs erreurs. Peut-être versent-ils mainte-^ nant an fond des enfers des larmes d*un repentir trop tardif. S^ils pouyaient tous raconter ce qu'Us souffrent depuis leur mort, tous sauriez à quels maux ils veulent vous arracher * . » Nous sommes bien loin de la largeur de Justin Martyr, saluant en Socrate un prophète et presque un frère. Au reste, toute cette apologie est très faible ; la Térité* chrétienne n'est pas présentée de face une seule fois ; le nom de Jésus-Christ est à peine prononcé, tout en rcTient à une question de chronologie. Il s'agit de savoir de quel côté est Tautorité la plus ancienne, et non pas quelle est la doctrine qui satisfait le mieux les besoins dé Tàme. La synagogue aurait pu aussi bien que FEglise adopter cet écrit, tant l'empreinte de l'Evangile y est faiblement marquée.

L*apologie en trois livres adressée par Théophile d'Antioche à Antolycus ramène les mêmes idées et présente les mêmes défauts. Il n'est pas possible d'y découvrir un plan suivi. Le début est admirable , il s'élève même à une grande hauteur, mais c'est pour se traîner bientôt dans des développements minutieux 8ur le monothéisme , qui ne s'enchaînent pas les uns aux autres , et qui s'arrêtent toujours sur le seuil de rEyangile. « Tu me demandes : Montre-moi ton Dieu! et moi je te réponds : Montre -moi un homme véri-

* Jnstin.^ Opéra, p. 32.

Page 1