LES TROIS LIVRES A ANTOLYCUS
table en toi et je te montrerai mon Dieu ^ Montre-moi que les yeux de ton âme sont bien ouverts, et que ton cœur est capable d'entendre. De même que ceux qui ouvrent les yeux du corps perçoivent les choses de la vie et de la terre , et distinguent entre la lumière et les ténèbres, de même que ceux qui ouvrent leurs oreilles distinguent entre les sons aigus , élevés ou doux, de même avec les yeux et Fouïe de V&me on perçoit Dieu. Tous ont des yeux, mais quelques-uns les ont obscurcis, et ils ne sauraient voir la lumière du soleil. S'ils ne la voient pas, ce n'est pas qu'elle ait cessé de briller, mais ils doivent s'en prendre à leur cécité. Ainsi en est-il de toi, ô homme, dont les yeux sont obscurcis par les péchés et les mauvaises actions. L'âme humaine doit être pure et brillante comme un miroir splendide. Quand le péché l'envahit, on dirait un miroir altéré par la rouille ; il ne peut réfléchir Dieu. Montre-moi donc si tu n'es pas adultère, impur, voleur, voué aux plaisirs infâmes, calomniateur... De tels actes nous cachent Dieu, et il te sera caché aussi longtemps que tu ne te seras pas purifié de ces souillures^. » Nous voilà placés d'emblée sur le terrain des grands apologistes d'Alexandrie; l'aflSnité native entre la nature humaine est aflSrmée avec puissance, et l'appel à la conscience est direct et pressant. L'ancienne apologétique a peu de paroles plus belles que celles-ci : Montre
1 AsT^ov [xot Tov àvôpw-rûév cou , xa^w croi csi^to Tbv 6£6v. (Theoph., Ad Antolyc, dans les Œuvres de Justin. Edition de Paris. 163C. Page 70.)
' Ad Antolyc, p. 70.