‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 208 sur 277 · LA RAILLERIE DES PHILOSOPHES ATTRIBUÉE A HERBIAS · texte numérisé non relu

LA RAILLERIE DES PHILOSOPHES ATTRIBUÉE A HERBIAS

compris les sévérités de la révélation. Les extraits que nous avons donnés de son Discours contre les Grecs prouvent qu'il a reçu, à cet égard, toutes les lumières désirables.

Nous mettrons à côté du Discours contre les Grées le fragment apologétique intitulé : La raillerie des philosophes attribuée à Hermas. L'auteur est inconnu, mais tout indique qu'il était le contemporain des apologistes dont nous venons d'analyser les écrits. Quoi qu'il en soit, ce fragment est plein d'esprit, il a un tour dramatique et plaisant qui en rend la lecture agréable, bien qu'on y regrette la haute impartialité et l'esprit de justice de l'école d'Alexandrie. C'est une sorte d'histoire en abrégé des variations de la philosophie antique. Les contradictions de celle-ci sur l'âme et sur la Divinité sont exposées avec une verve piquante. « Demandez à ces philosophes ce que c'est que l'âme. C'est du feu, répond Démocrite. C'est de l'air, disent les stoïciens, ou bien c'est un esprit, ou un mouvement d'après Heraclite. Que de discours, que de raisonnements nous prodiguent ces sophistes, qui sont beaucoup plus occupés à se disputer qu'à chercher la vérité! De quel nom désigner tous ces systèmes? Est-ce chimère, folie, démence, emportement ou tout cela à la fois*? »

L'auteur se plaint des transformations sans fin que les divers systèmes lui font subir, en tant qu'homme. « Tantôt je suis immortel et je m'en réjouis; mais voici que je redeviens mortel et je me désole. Tout

* ""H T£paT£iav, 7^ àvotav, ^ [xaviav, ^ GTa^tv ^ Sjxou icivra. (Just., Opéra, H, 175.)

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