‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 209 sur 277 · LA RAILLERIE DES PHILOSOPHES ATTRIBUÉE A HERMAS · texte numérisé non relu

LA RAILLERIE DES PHILOSOPHES ATTRIBUÉE A HERMAS

à rhenie j*étai8 partagé en atomes; maintenant je deviens eau , puis air, puis feu. Un instant après je ae suis plus ni eau, ni air, ni feu; mais on me fait béte on poisson. Lorsque je me considère, je ne sais quel nom me donner, car je suis changé par la philosophie en tonte espèce d'animaux terrestres, aquatiques ou doués d^ailes. Je nage, je Yole, je plane dans les airs, je rampe, je cours ou je suis immobile, et enfin voici Empédocle qui me transforme en plante ^ » « La Divinité ne subit pas des métamorphoses moins comiques dans les écoles des philosophes. J^entre dans Fécole d*Anaxagore, et il me dit que Tesprit est le principe de toutes choses. Je m'attache à sa doctrine, mais, à peine persuadé par lui, voici Mélissus et Parménide qui me déclarent dans de beaux vers que l'univers est un, étemel, infini, immobile, toujours semblable à luimême. C'en est fait d'Anaxagore dans mon esprit. Quand je me crois bien fixé, j'entends la voix retentissante d'Anaximëne qui s'écrie : « Moi, je vous dis que l'univers n'est que de l'air. » Après Anaxagore nous avons Empédocle, qui sort tout brûlant de l'Etna avec sa fameuse théorie de la haine et de l'amour; celle-ci parait séduisante jusqu'à ce que Pythagore nous apprenne que l'homme est le terme et la règle des choses. Après Pythagore, voici Thaïes, voici Platon, le beau parleur; on se rendrait à sa langue dorée si derrière lui n'était Aristote, son disciple, qui le réfute point par point. » « Je rirais volontiers avec le bon Dé-

* NifJxoH*a'-5 tirxaiJLai, luéTO^Aai, Ipxo), 6é(0, xa6(Ç(0. (Just., Op., 176.)

Page 1