LA LETTRE A DIOGNÈTE
mocrite si Heraclite ne venait à moi, la larme à l'œil. Je suis harassé de systèmes, la tête me tourne. » Le morceau se termine par une sanglante moquerie de l'école des sages par excellence, des disciples austères de Pythagore. Inspiré par ce philosophe divin, T initié abandonne patrie, femme et enfants. Il mesure le ciel et la mer, il pèse la terre et ne s'interrompt dans ses sublimes calculs que pour prendre un frugal repas de figues, d'olives et de légumes, jusqu'à ce qu'il rencontre Epicure et qu'il se mette à la recherche des mondes infinis et de leurs atomes primitifs \ Toutes ces railleries prodiguées à la philosophie antique nous divertissent fort peu. Nous ne voyons pas ce qu'a de si plaisant l'effort douloureux de la pensée humaine poursuivant la vérité malgré d'innombrables déceptions. Au travers de ses égarements, je reconnais son immorteUe aspiration vers la lumière. Cela est plus grand que le dédain frivole de ceux qui l'insultent au nom de l'Evangile et qui oublient que, plus éclairés, ils doivent être plus compatissants et plus secourables.
B. — La lettre à Diognète.
La Lettre à Diognète^ d'un auteur également inconnu, nous ramène aux meilleures traditions du christianisme primitif; elle occupe une place à part dans la littéralure de l'Eglise, car elle a ce libre et pur courant de la pensée que l'on ne trouve que tout près de
1 Just., Opéra, 178-180.