LES CXASSES MOYENNES PEINTES PAR APULÉE
bleau qu'Apulée nous trace des populations des campagnes nous fait pressentir que c'est au giilieu d'elles que le culte des idoles trouvera son dernier refuge contre la foi nouvelle, et on s'explique d'avance comment ses derniers adhérents s'appelleront des campagnards ou des païens. Nulle part la superstition n'est si vile et ne se rapproche davantage d'un fétichisme grossier. Les femmes jouent le plus triste rôle dans le roman d'Apulée. Jeunes, elles se livrent sans frein à la dissolution avec un cynisme d'actes et de paroles qui est le dernier terme de la dégradation. Vieilles, elles sont magiciennes ou entremetteuses. Le peintre trop fidèle d'une époque pervertie porte dans ses descriptions une exactitude qui ne recule devant aucun détail, quelque abominable qu'il soit; il fait ainsi revivre sous nos yeux la société païenne dans ces classes moyennes par lesquelles on peut le mieux apprécier l'état général des mœurs. Tantôt nous assistons aux festins prolongés de quelque Trimalcion de bourgade, à l'une de ces orgies si fréquentes qui réunissaient toutes les ivresses. Tantôt nous entendons les secrets entretiens des prêtres de Cybèle et nous sonunes initiés à leurs machinations ' . Ici c'est une troupe de brigands qui pille en sécurité la ville et la campagne *. Là c'est un légionnaire, autre brigand, qui frappe de son cep de vigne un infortuné paysan qu'il dévalise. Nous sommes introduits dans la demeure de l'artisan et dans la ferme du villageois, et nous y ren-
* Métamorph. Edition Panckoutke^ II, IW. > Idem, 241.