‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 221 sur 277 · VOCATION DIVINE DE L'HOBIME · texte numérisé non relu

VOCATION DIVINE DE L'HOBIME

Comioent n'aimerais-tu pas celui qui est venu au de^ vant de toi avec un tel amour? et comment, tout plein de cet amour, ne Timiterais-tu pas? Ne t' étonne pas que rhomme puisse imiter Dieu; il le peut si son Dieu le veut. Le bonheur, en effet, ne consiste pas à dominer son procliain, à surpasser le faible, à s'enrichir et à fouler ses inférieurs ; ce n'est pas par de telles choses que Ton imitera Dieu, car elles n'ont rien à voir avec sa majesté. Mais celui qui porte le fardeau de son frère, celui qui se sert de sa supériorité pour répandre des bienfaits sur son inférieur, celui qui donne au pauvre ce qu'il a reçu de Dieu, celui-là devient un Dieu pour ses obligés; oui, il est un véritable imitateur de Dieu ^ » En d'autres termes, l'essence de la Divinité n'est ni la puissance, ni la splendeur, mais la charité, et quiconque est vraiment charitable participe à l'essence divine. « Alors, reprend l'auteur inconnu, tu verras, de cette terre où tu vis Dieu gouvernant le monde du haut des cieux ; alors tu commenceras à bégayer les divins mystères; alors tu aimeras et tu admireras ces hommes que l'on punit pour leur fldéUté envers le ciel; alors, connaissant la vie céleste et véritable, plein de mépris pour ce que les hommes appela lent la mort, ne redoutant que la mort éternelle réseiv vée à ceux qui sont condamnés au feu dont la flamme ne s'éteint point, tu sauras ce que vaut le monde avec sa vanité et son mensonge. Alors, en face du feu

Epist, ad Diogn,, c. X.)

iU L'APPENDICE DE LA LETTRE A DIOGNETE

de la géhenne, tu applaudiras à ceux qui, au nom de la justice, supportent un feu bientôt éteint*. »

Tel est ce court et nerveux plaidoyer de la foi nouvelle , tout pénétré d'un enthousiasme contenu qui fait vibrer les plus nobles cordes de l'âme humaine. Il nous semble qu'aucune apologie ne dut exercer plus d'influence que cet écrit anonyme, qui demeure certainement l'une des plus belles manifestations du génie religieux; l'élévation de la pensée, l'accent ému, la transparente simplicité et ce je ne sais quoi de concret et de vivant dans le langage qui met l'esprit en contact direct avec la vérité, tout contribue à le marquer d'un sceau unique dans l'ancienne littérature chrétienne. Supposons ces quelques pages lues par un homme sérieux et tourmenté, au retour peut-être da cirque où il a été témoin de l'humble héroïsme chrétien si fidèlement dépeint dans ces pages sublimes, nous ne mettons* pas en doute que la persuasioa n'entre dans son esprit comme la franche lumière du matin.

Nous ne dirons que peu de mots du fragment qui termine la Lettre à Diognète et qui remonte probablement au troisième siècle. L'auteur se donne comme uu disciple des apôtres et comme le docteur des gentils; il défend noblement les droits de la connaissance religieuse contre les prétentions d'un zèle aveugle. « Qui donc, dit-il, après avoir été enfanté à la vie nouvelle par le Verbe miséricordieux, ne désirerait pénétrer

* Epist, ad Diogn., c. X.

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