ACCORD DE LA CONSCIENCE ET DE L'ÉVANGILE
générations chrétiennes reviennent comme à un texte d'une inépuisable fécondité. Relever la nature humaine en soi , mais en même temps accabler de mépris tout ce qui dépasse ses manifestations les plus simples et les plus naïves, tout ce qui tient à la culture plus ou moins raflSnée de Tintelligence. c'est la double tendance de Tertullien ; elle reparaît dans tous ses livres, et elle s'est surtout donné carrière dans son Apologie du christianisme. Il s'appuiera donc avec une grande insistance sur les aspirations du cœur humain, il ne craindra pas de chercher dans l'homme déchu le point d'appui ou la pierre d'attente de l'œuvre du salut,mais en même temps par une contradiction étrange il ne verra qu'erreur absolue dans le développement supérieur de l'humanité avant le christianisme ; l'élément divin selon lui disparaît dès que la pensée se montre à nous polie et cultivée ; la philosophie à ses yeux est un plagiat ou un mensonge. Exalter la simple nature, pour mieux accabler la culture de l'esprit, c'est toute l'apologie de Tertullien, là est sa grandeur et sa faiblesse, sa gloire et son inconséqence. Profond et hardi quand il signale chez l'homme déchu le germe du Verbe, il est injuste quand il accuse la philosophie de l'étoufifer nécessairement.
S'il est une question qui ait dans tous les temps divisé les apologistes, c'est bien celle de la place qu'il faut faire à l'autorité des saintes Ecritures dans la démonstration de la vérité du christianisme. Toute une grande école a prétendu et prétend encore qu'il faut aller de l'Ecriture au Christ et non du Christ