‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 240 sur 277 · SÉCURITÉ DES PHILOSOPHES DANS LE MONDE PAÏEN · texte numérisé non relu

SÉCURITÉ DES PHILOSOPHES DANS LE MONDE PAÏEN

quelle ressemblance on pourrait établir entre le chrétien qui meurt pour sa fol et le philosophe qui vit de sa croyance et se procure par son moyen la gloire et la richesse. Qu'on ne vienne pas dire que les sages du siècle enseignent comme les chrétiens la justice et la tempérance. « Pourquoi donc, si nous leur sommes semblables, ne pouvons-nous jouir comme eux de la même tolérance et de la même impunité pour enseigner les hommes ^ ? Pourquoi ne les contraint-on pas à des pratiques dont la réjection nous coûte la vie? Quel philosophe est contraint par la force de sacrifier, de jurer par les dieux ou d'allumer follement des flambeaux en plein midi? N'est-il pas patent à tous les yeux que les représentants de la sagesse humaine peuvent, dans leurs livres, au bruit de vos applaudissements, ruiner publiquement la foi en vos dieux et faire le procès à vos superstitions? Plusieurs d'entre eux aboient contre vos princes et reçoivent vos encouragements. On leur décerne de gros salaires et des statues au lieu de les condamner aux bêtes féroces^. Tout s'explique; ils s'appellent philosophes au lieu de porter le nom de chrétiens devant lequel fuient les démons. » Tertullien montrait ainsi que, pour les philosophes de la décadence , la sécurité venait de l'impuissance ; si te paganisme avait senti dans les belles tirades de sesphilosophes sur la justice et la chasteté la pointe d

* « Gur ergo quibus comparamur de disciplina, proinde illis non a(*— aequamur ad licentiam impunitatemque disciplinae?» (Apol,, XL VI.)

' « Et facilius statuis et salariis remunerantur, quam ad bestias prc^ nuntiantur.» (/</.)

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