ELLE EST DUE A^LEURS INCONSÉQUENCES
glaive, la sainte énergie d'une protestation sincère, il se fût retourné contre eux avec autant de fureur que contre les chrétiens, mais il savait qu'au fond l'école et le temple s'entendaient pour adorer la créature ou la nature au lieu du créateur. L'idolâtre ne pâlissait pas d'effroi devant le faux sage qui s'inclinait devant ses autels tout en s'en moquant en secret; au contraire la seule apparition d'un chrétien condamnait et flagellait toutes les infamies qui l'entouraient. Aussi les mêmes mains qui élevaient une statue au premier, dressaient une croix pour le second, mais cette croix était le signe de la puissance du chrétien, tandis que la statue était le honteux monument de la faiblesse de la philosophie déchue. Je sais bien que Tertullien , selon sa coutume, passe les bornes de l'équité en enveloppant Socrate dans la même accusation. Il ne fallait pas oublier que, s'il a sacrifié dans sa prison un coq à Esculape, il est mort pour le grand Dieu inconnu qu'il avait entrevu. Mais il n'était que juste en châtiant par ce mot sanglant la prudence des libres penseurs de son siècle. Plus la vérité allume de haines, plus son témoin fidèle les concentre sur sa personne, tandis que celui qui l'atténue et la déguise peut compter sur les sourires de ses persécuteurs * .
Les philosophes semblent aimer la vérité, mais ils ne cherchent qu'à la corrompre afin de conquérir la gloire humaine. Bien loin de les imiter, les chrétiens la
1 «In quantum odium flagrat veritas, in tant um qui eam ex fide prsBStat ofifendit. » (i4po/.,XLVI.)