‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 251 sur 277 · INFAMIE DE LA SOCIÉTÉ PAÏENNE · texte numérisé non relu

INFAMIE DE LA SOCIÉTÉ PAÏENNE

déshérités, là vous avez des substitutions d'héritiers. L'inimitié vous poursuit, la calomnie vous atteint, et vous succombez devant un faux témoignage. Partout s'exalte l'audace vénale des voix prostituées qui accumulent les fausses accusations. La crainte de la loi n'existe plus, on se rit du questeur et du juge; l'argent crée l'impunité. La législation est complice du mal, et tout crime devient légitime en devenant public*. » Si tel est l'état de la magistrature, que dire des hommes élevés en dignité ! que leurs faisceaux et leur arrogance ne nous fassent pas illusion ; on sait de combien de bassesses leur pourpre a été payée ^. C'est en rampant que l'on avance dans la carrière des places et des honneurs au sein d'une société corrompue. Le riche n'est pas moins abject que le sénateur ou le proconsul ; on peut voir à son front la pâleur de l'avarice ; il tremble toujours de perdre les biens dont il est non le possesseur, mais le possédé et le captif. Avec une audace qui confond, Cyprien ne recule pas même devant la pourpre impériale; il montre les Césars éprouvant plus d'effroi qu'ils n'en inspirent, réduits à craindre autant qu'ils sont craints. « Les peines de la puissance se mesurent à son élévation ' ; celui qui ne donne pas de sécurité à ses sujets n'en possède pas davantage pour lui-même, et ceux que l'on redoute sont les premiers à trembler devant leur pouvoir. »

* « Gonsensere jura peccalis, et cœpit licitum esse quod publicum est. » (Ad Donat,, X.)

* « Quibus hoc sordibus émit.» (Id.y XI.)

* « Exigit pœnas pariter de potentiore sublimitas. » {îd., XIII.)

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