IL RAVALE LA NATDRE HUMAINE
du culte chrétien , cette controTerse est traînante et n'offre quelque intérêt, que lorsqu'elle met à nu sans pudeur les hontes du paganisme. Arnobe n'établit aucune différence entre les divines manifestations de l'esprit religieux dans l'antiquité ; il ne s'est pas demandé si l'existence de ces religions, quelque fausses et absurdes qu'elles fussent, ne révélait pas cependant un besoin supérieur, une aspiration infinie dans l'âme humaine, si le sentiment religieux qui la trouble sans cesse, si la recherche inquiète du Dieu qu'elle a perdu ne dénotent pas sa haute origine. L'apologiste n'est pas remonté au principe de ce grand mouvement mythologique, parce qu'il aurait dû reconnaître que ce principe, faussé de mille manières dans ses applications, est néanmoins divin; cette concession eût renversé tout son système. En effet, le premier parmi les défenseurs du christianisme, Arnobe a mis tous ses soins à ravaler la nature humaine et à écarter l'idée d'une parenté originelle entre elle et Dieu. Il admet bien que la notion d'uii être suprême est universelle. « Quel est l'homme, dit — il, qui n'a pas eu cette notion dès le premier jour de so existence? Quel est l'homme chez lequel cette croyanc au Maître souverain de l'univers qui le dirige par ssi providence n'ait pas été comme innée et profondément gravée ? Lequel ne l'a apportée du sein de sa mère en quelque sorte ^? » Il retrouye dans les écrits des philosophes des vestiges des vérités enseignées par le christianisme. Mais il faut bien se garder de voir dans ces
^ « Gui non sit ingenilum, non afiBxum... esse regem ac dominum, cunctorum quaecumque sunt moderatorem. » {Adv. gentes, T, 33.)