NULLE PARJENTË ENTRE L'AME ET DIEU
soit d'appliquer à rhumaQité déchue ces belles paroles du livre des Bévélations : « Tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi et je o'ai besoin de rien, et tu ne connais pas que tu es malheureux et misérable, et pauvre et aveugle et nu \ »Bien n'est plus légitime que de démontrer notre misère actuelle et que de jeter une implacable lumière sur nos fautes et nos faiblesses, pourvu toutefois que Ton ne cesse pas de montrer que nos haillons sont les restes souillés d'un manteau royal. En d'autres termes, l'apologiste doit prouver la déchéance, mais ne pas cesser de la considérer comme une déchéance, c'est-à-dire comme la perte d'une grandeur première et la flétrissure d'une noblesse originelle qui se reconnaît encore à des traces divines. Sa tâche est donc double; il doit tout autant insister sur notre premier état de gloire et de félicité que sur notre misérable condition actuelle ; le contraste entre le passé et le présent sera d'autant plus saisissant^ que l'on aura mieux convaincu 1 homme de sa haute origine. Bien au contraire n'est plus opposé au but d'une apologie raisonnable que de dégrader la nature humaine en soi, et de lui contester toute grandeur native. C'est éteindre en elle le repentir et l'aspiration ; c'est l'enfoncer dans la boue où elle est tombée; c'est lui faire prendre pour l'air natal l'impure atmosphère qui l'étoulTe. En faisant rejaillir sur l'homme primitif la honte de l'homme déchu, toute l'économie de la religion chrétienne est bouleversée, et sa défense devient impossible. Ariiobe
* ApOC. 111,19.