ARNOBE NIE LA SPIRITUALITÉ DE L*AME
est tombé sans cesse dans cette confusion déplorable. Nous n'aurions aucune critique à lui adresser s'il s'était borné à protester contre l'optimisme frivole qui s'imagine que tout est pour le mieux dans ce monde, comme il l'a fait dans ces éloquentes paroles : « Si nous prétendions, à l'exemple de quelques philosophes, que le mal n'existe pas, toutes les nations et toutes les fractions de l'humanité réclameraient en montrant leurs blessures et les maux innombrables qui brûlent et déchirent sans cesse le genre humain * . » Mais Arnobe ne se contente pas de dissiper des illusions insensées, il se raille sans pitié de ceux qui prétendent que l'âme est immortelle par nature, qu'elle est de race royale et divine, et rapprochée du Ïrès-Haut par sa dignité originelle. Il n'est satisfait que quand il a essayé de démontrer que l'homme a été placé par Dieu au plus bas degré de l'échelle des êtres ^. Il va même jusqu'à nier l'essence spirituelle de l'âme. Il est étrange de voir l'apologiste chrétien se placer sur le terrain du plus grossier matérialisme pour afiriyer à ces dégradantes conclusions. Il demanderait volontiers où s'est réfugiée la partie spirituelle de notre être, en se fondant sur ce que le scalpel qui dissèque le corps humain n'y a rien trouvé que des molécules. Nous retrouvons dans son livre le parallèle si souvent tracé par l'école matérialiste entre notre organisme et celui des animaux^. En quoi diffé-
* « Reclamabunt cunctae gentes, universaeque nationes, cruciatus nobis ostentantes suos. » {Adv, gentes, II, 54.) «/(/., Il, 15.
^ « Quid est enim, quod oos ab eorum indicet sirailitudine discrepare?