‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 263 sur 277 · L'HOMME INFÉRIEUR AUX ANIMAUX · texte numérisé non relu

L'HOMME INFÉRIEUR AUX ANIMAUX

rons-nous d'eux? La composition de nos od présente les mêmes matériaux; notre origine n*est pas plud noble. Arnobe ne manque pas à cette occasion dlnsultér aux mystères sacrés de la naissance* Il demande si le grand souci de riiommc) comme celui des animaux, ses frères, n*est pas d'apaiser sa faim et de couyi^ir son corps S ce qui ne Tempèche pas d'être atteint aussi bien qu'eux par mille maux^ et de mêler sa poussière à la poudre du chemin» Arnobe oublie ces cultes innombrables du po^ lythéisme dont il se plaint ayec tant d'amertume^ et contre lesquels est surtout dirigé son livre. Quelle que soit leur folie ou leur souillure, ils nous rappellent au moins que l'homme ne se nourrit pas seulei&ent de pain. Dira-tK)n que notre supériorité glt dans notre Intel* ligence et notre raison; mais s'il en était ainsi, Thu-» manité, dans son ensemble, se montrerait raisonnable, tempérante et sage; c'est à ces signes seulement qu'on pouri^ait reconnaître sa supériorité, car elle est moinâ habile pour se procurer sa nourriture que dertaini^ animaux. Si la nature eût donné nos mains agiles à ceuxH^i, il est certain qu'ils nous eussent surpassés. Après tout, les arts ne sont pas tant des dons célestes que des produits de notre indigence ; il nous a fallu Taiguillon dil besoin pour multiplier les belles Inventions dont nous sommes si fiers. « Si l'âme possédait un satoir digflë d'un être divin et immortel, ce savoil* eût été origi-*

Vel qusB in nobis eminentia tanta est, ut animantiam numeh) dedlgne- JMUradscribi?» {Adv. gentes, 11,16.)

* « Quid aliud nos tantis agimus in occupationibus vitee, ilisi ut ea quaeramus, quibus famis perioulum devitetur ?ji {Id,, U, 17.)

Page 1