IL SIGNALE LE COTÉ MORAL DU MIRACLE
à la santé * . » Arnobé a enfin trouvé le caractère qui distingue les miracles évangéliques de tous les prodiges de la magie, mais ce caractère est essentiellement moral; il ne tombe point sous les sens, du moins sous les sens grossiers auxquels appartient la perception du visible ; il tombe sous le sens plus délicat qui est Tintuition du divin en nous. Qu'est-ce à dire, sinon que la preuve du miracle repose en définitive sur une preuve morale, qu'elle sufSt si peu h la démonstration du christianisme qu'elle ne se suffit pas à elle-même, et qu'elle a besoin d'être étayée d'un appui plus noble et plus relevé! Il est remarquable de voir le premier représentant de l'école qui nie toute corrélation natu- Telle entre la vérité et l'âme, et qui a voulu faire reposer toute son apologie sur le miracle, contraint , malgré lui, de porter sa cause à un tribunal supérieur, à celui-là même dont il avait décliné la compétence. D'une part Arnobe a déclaré, de la manière la plus formelle, qu'il n'y a aucun élément divin dans l'homme, et, d'un autre côté, il lui demande de reconnaître le sceau de la divinité dans les miracles du Christ à un signe tout moral, à l'admirable charité qui les caractérise. U tombe évidemment dans une contradiction flagrante. Si je n'ai pas en moi le sentiment du divin je ne serai point frappé par ses manifestations en dehors de moi. Si ma conscience n'a pas en elle une idée divine à laquelle elle puisse comparer tout ce qui est soumis à son jugement, elle ne pouira être touchée du
^ « Ipse deaique non leais> npn placidus^ non accôssu facilia, non hamanas miserias indolescens?» {Adv» gentes, I^ 53.)