‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 270 sur 277 · ELOQUENT APPEL AUX PAÏENS · texte numérisé non relu

ELOQUENT APPEL AUX PAÏENS

résultat était d'aboutir à un amoindrissement déplorable du christianisme. Le chemin que suivait Arnobe ne pouvait conduire au Christ véritable. L'idée essentielle de Tincarnation lui échappe complètement ; elle n'est pas pour lui la réconciliation effective Bntre Thumanité et la divinité réalisée dans une personnalité sainte ; elle n'a plus qu'un but pédagogique. Le Fils de Dieu s'est incarné pour nous enseigner de plus près, pour être vu dans sa puissance et dans sa majesté ^ Ainsi tout en revient au miracle, et le but se confond entièrement avec le moyen.

Le premier livre du traité d' Arnobe contre les païens se termine par une éloquente péroraison. Il demande aux adversaires du christianisme comment il se fait que, pleins d'indulgence pour les tyrans qui ont courbé le monde sous un joug de fer et l'ont ensanglanté, qui ont violé toutes les lois, multiplié les proscriptions ini* ques, insulté à la pudeur des vierges et des matrones, ils aient gardé toute leur fureur pour le Boi pacifique qui n'a répandu sur la terre que des bienfaits. Pour les despotes l'apothéose des temples et des autels où ruisselle le sang des victimes, où fume l'encens ! Pour le Sauveur et ses disciples la croix et l'arène! Des portiques de marbre s'ouvrent pour recevoir et garder les livres des faux docteurs qui empoisonnent les mœurs publiques ; on les exalte avec enthousiasme et on rencontre partout leurs statues, mais on n'a que les bêtes fauves et les bûchers pour les apôtres d'une immortelle

* « Ut videri posset, et conspici. » {Adv, génies, I, 60.)

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