‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 272 sur 277 · L'EFFET EN EST DETRUIT D'AVANCE · texte numérisé non relu

L'EFFET EN EST DETRUIT D'AVANCE

même et a énervé d'avance ce qu'il y a de plus énergique dans les reproches qu'il adresse à son siècle. S'il est vrai que l'homme ne soit pas par nature au-dessus des animaux et qu'il n'y ait rien de divin en lui, il est très excusable de sentir beaucoup plus les souffrances physiques que les maladies morales et de montrer plus d'empressement pour le médecin du corps que pour le médecin des âmes. Celui-ci avant de guérir les âmes doit les créer en quelque sorte, car elles n'existent pas réellement, puisqu'elles ne sont point immortelles par essence et ne participent pas avant son apparition à la vie supérieure. En réalité, pour Arnobe, la création de l'homme a été opérée en deux actes séparés par d'im^ menses intervalles. Le limon qui constitue son orga-^ nisme physique a été pétri au premier jour du monde, mais le souffle de la vie divine ne lui a été communiqué qu'à l'apparition du Christ. De quel droit se plaindre de ce que cet être de boue n'a rien senti frémir au dedans de lui à l'approche du Fils de Dieu, de ce qu'il n'a éprouvé aucun attrait pour sa personne et de ce qu'il l'a repoussé comme n'étant pas fait pour lui? Plus il est de basse extraction, plus il est excusable dans son incrédulité, car c'est dans l'ordre moral surtout que noblesse oblige. Nul ne songe à reprocher à l'animal de ne s'être pas soucié de l'incarnation du Verbe. Qu'on cesse donc d'accabler de reproches cet autre animal qui s'appelle l'homme! Ainsi les apologistes qui déshonorent l'humanité ne l'humilient pas ; ils la dégradent et la rassurent tout ensemble, et l' éloignent du christianisme aussi bien par l'irrémédiable flétrissure

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