ATTACHEMENT AUX RELIGIONS NATIONALES
qui enchaîne bien plutôt les sentiments que les pensées. Il n'a pas Fénergie nécessaire pour être conséquent avec lui-'méme au risque de compromettre son repos ; il manque de logique parce qu'il manque de courage, et après une fière tirade contre ceux qui prétendent posséder la certitude religieuse, il s'incline respectueusement devant la religion dans laquelle il est né. « Puisqu'il n'y a de certain dans la nature, dit-il, que le hasard, le guide le plus vénérable et le meilleur que nous puissions choisir dans le chemin de la vérité n'est-il pas la tradition de nos pères? Suivons la religion qu'ils nous ont transmise ; adorons les Dieux que nous fûmes accoutumés à craindre dès l'enfance et qui nous sont familièrement connus, et gardons-nous bien de les discuter \ » Gaecilius, tout en exprimant de nouveau à plusieurs reprises ses doutes impies, n'en présente pas moins une apologie utilitaire du paganisme; il établit par l'histoire qu'on ne s'est jamais bien trouvé de l'abandonner. Son argumentation revient à ceci : Rien n'est moins certain que les croyances sur lesquelles se fondent les anciennes religions, mais comme il n'est pas non plus prouvé qu'elles soient absolument fausses, et qu'elles semblent avoir contribué à la prospérité de la patrie, le plus sûr est de s'y tenir. On le voit, cette adhésion au paganisme est la dernière expression du scepticisme qui finit par douter de lui-même. Si tout d'abord le païen se montrait irrité des affirmations si puissantes du christianisme, il le maudit mainte-
^ « Quanto venerabilius ac melius antistitem veritatis majorum excipere disciplinam? religiones traditas colère? » (Min. Félix, Octav,, c. V.)
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Mût parce qu'il sape par la base Tédifice yermoulu des anciennes religions. « Puisque toutes les nations, dit Gscilius, s'accordent à reconnaître des dieux immortels, bien qu'un nuage épais recouvre leur origine et leur nature, je ne puis supporter dans ce consentement universel l'audace ou la sagesse impie de ces nolateurs qui veulent renverser ou affaiblir une religion «' antique^ si utile, si salutaire * . Gomment ne pas gémir en voyant se ligner contre les dieux des hommes rattadiés à une secte misérable, illégale, maudite, des kimmes qui ramassent dans la fange des femmes sottes et crédules, faciles à tromper par leur sexe même. Ainsi se forme une impie conjuration '. » Cœcilins répète, en les développant, les calomnies ordinaires lancées contre les assemblées nocturnes des chrétiens; 3 n'a pas honte de manifester une crédulité plus stupde que celle d'aucune femme au monde, et de montrer jusqu*à quel point la passion peut avilir un esprit In et distingué.
Ce mélange de scepticisme et de servilité qui caraetérise cet homme évidemment bien posé dans la société nnaine devait se retrouver chez un grand nombre de M contemporains, car il est de tons les temps. On aime à professer un doute élégant sans rompre formelkment aTec la religion et tout en comptant retroover ma af^poi dans les situations extrêmes. Les prfttres
* cHane réd^ouem tam Tetaaam^ ta» otil^m, tan talobraa dl «Hcre. m (minai. Fdiz, Otf «r., c. IX.)
• cHoBÛMi lifpinritr, itticÉts aedeaperatat; factMoii frmnrt