POSITIVISME DÉGRADANT
tombeau * ? » Pour un tel homme, le succès immédiat est le seul critère du bien et du vrai. Une religion qui amène après elle tout un cortège d'humiliations et de douleurs, qui a pour symbole une croix, et dont on peut suivre la trace au sang répandu de ses sectateurs, est nécessairement fausse. Caecilius ne comprend pas un Dieu pour lequel la cause vaincue ne soit pas la mauvaise cause. « Où est ce Dieu, dit-il, qui peut secourir les morts tandis qu'il ne fait rien pour les vivants? Les Romains, sans lui, ne commandent-ils pas, ne règnent-ils pas ? Ne dominent-ils pas le monde et vous-mêmes^?
Aux yeux de celui qui considère la souffrance comme une malédiction et une honte, Taustérité sera un crime. Aussi Caecilius n'a-t-il que des paroles d'indignation pour la morale chrétienne. « Vous vous abstenez, s'écrie-t-il, des voluptés honnêtes, vous ne voulez ni de nos spectacles ni de nos pompes, ni de nos festins publics. Vous ne couronnez pas vos têtes de fleurs', vous ne répandez pas de parfums sur vos corps. Pâles, tremblants^, combien vous êtes dignes de pitié! Malheureux qui ne ressuscitez point et qui en attendant ne vivez pas^. Cessez enfin d'interroger le maître des cieux. — Contentez-vous de regarder à vos pieds*. »
* Minut. Félix, Octav., c. XI.
* « Ubi Deus ille qui subvenire reviviscentibus potest, viveiitibus non potest. » (Id.y c. XI[.)
* « Non floribus caput nectitis. » (/rf., c. XII.)
* « Pallidi, trepidi. » (Id.)
* « Ita nec resurg^tis, miseri, nec intérim vivitis. » {IdJ)
* « Satis est pro pedibus adspicere.» (/</.)
OBJECTIONS œURANTES DES JUIFS. 75
Iflwlias termine en parodiant ce mot de Socrate : « Ce [fi est au-dessus de noos n'est pas pour nous \ » Le mt porté sur le christianisme par ce païen hon- I homme, justifie par son inintelligence cette grande da Christ : « Je suis d'en haut, vous êtes d'en bas» » effet la religion nouvelle, yue d'en bas^ devait aphnttre sons ces couleurs ridicules. Nous retrouvons f JB on écho de ce rire moqueur qui interrompit Paul ^ifiréopage, quand il vint à parler de la résurrection, ficdlios s'appelait Légion et il nous a initiés aux idées BnraDtes des hommes d'esprit de son temps. Le christianisme rencontrait parmi les J uifs une op- Notion plus acharnée encore que parmi les païens '. i traité Ad Judxos^ attribué à Tertullien, et le dia- Igie de Justin avec Trjphon nous initient à la poléépie de la synagogue. Elle roulait sur trois points Bndpaox. Tout d'abord les Juifs reprochaient aux iiétieiis d*abandonner ou de rejeter les glorieuses ■tîtations du mosaïsme et de se confondre ainsi avec b paganisme. « Ce qui nous étonne le plus, disaienti^ c'est que vous, qui prétendez à une piété excepittnelle, yous ne difiériez en rien des païens. Vous 'observez ni les fêtes, ni les sabbats, vous n'avez point kcirconcisioD.yous vous imaginez plaire à Dieu en ne Usant rien de ce qu'il commande'. » En second lieu,
^ «Qood sopra nos^ nihil ad dos. » (Minot. Fdix^ Octav., c. XIII.) 'VoirTKbirner^GeMA. der ApoL,^. 181-i89.
^ino^. (Jostio, Dial. eum Tryph., p. 227, c.)