OBJECTIONS COURANTES DES JUIFS
les Juifs tout en admettant que les prophètes aTaient bien annoncé un Messie, ne voulaient pas en reconnaître les caractères dans la personne de Jésus-Christ. Son humilité les repoussait * . Ils en appelaient à leurs livres saints et citaient de préférence Toracle qui annonçait que le Messie serait précédé d'Elie ressuscité. Ils rappelaient aussi les tableaux brillants que l'Ancien Testament avait tracés de Fàge du Messie et ils comparaient à ces radieuses descriptions les abaissements d'un Christ crucifié. « Au lieu d'être revêtu de gloire, disaient-ils, votre prétendu Christ est tellement couvert d'opprobre, qu'il est tombé sous le coup des pires malédictions de la loi divine, car il a été mis en croix *. » Les Juifs opposaient ainsi leur propre crime au Sauveur du monde, et fidèles à leur matérialisme théocratique, ils lui reprochaient ses souffrances, comme si elles n'avaient pas été dépeintes d'avance par Ësaïe. Enfin la doctrine de la divinité du Christ froissait leur monothéisme étroit. Ils ne pouvaient admettre qu'il fût Dieu à côté de Dieu, comme le portait le quatrième Evangile'. Telles étaient leurs principales objections diversifiées à l'infini par leur esprit subtil et leurs arguties de rabbin. Ils s'attaquaient avec assez d'habileté aux interprétations exégétiques de l'Ancien Testament qui avaient cours dans l'Eglise et à la crédibilité do récit évangélique.
< « Non et nunc adventum ejus expectant^ nec alia magîs inter nos et illos compiilsatio est, quam qtiod jam venisse non credunt. » (TertuU., iipo/., îl.)
• 'E(rcaup(î)OY) ^dp, (Justin, p. 249. Comparez p. 317.) » Id., p. Î74.