‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 42 sur 277 · OPPOSITION DES ÉCOLES AU CHRISTIANISME. T · texte numérisé non relu

OPPOSITION DES ÉCOLES AU CHRISTIANISME. T

{ JI. — La polémique des philosophes contre le christianisme.

A. — Lucien de Somosate.

Chacune des diverses écoles qui se partageaient riflfluence dans la société païenne a attaqué le christianisme à son point de vue spécial, et celui-ci a dû faire face à ces adversaires de toute sorte. L'épicuréisme impie, le platonisme orgueilleux , la théosophie orientale et le subtil et mystique panthéisme d'Alexandrie Font tour à tour battu en brèche. Plus ses adversaires se rapprochaient d'un paganisme épuré, plus ils mettaient d'amertume et de passion dans leur polémique. La rivalité en effet ne pouvait exister entre un athéisme cynique et le spiritualisme chrétien, pas plus que Ton ne verra la guerre éclater entre des peuples placés aux deux extrémités du monde. Au contraire, malgré des différences profondes et radicales, le néoplatonisme et le christianisme prétendaient répondre aux mêmes aspirations, et les philosophes d'Alexandrie savaient bien que pour conquérir l'empire moral du monde, ils devaient supplanter les représentants de la religion nouvelle. Voilà pourquoi Porphyre, esprit bien supérieur à Lucien, combattra l'Eglise avec une ardeur plus grande , mais aussi il Thonore par son inimitié même, car il montre qu'il a compris sa puissance, tandis que le cynique railleur la confond dédaigneusement avec les honteuses superstitions de son temps qu'il se contente de bafouer sans pitié.

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