‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 47 sur 277 · IL S'ATTAQUE A TOUTE GRANDEUR · texte numérisé non relu

IL S'ATTAQUE A TOUTE GRANDEUR

Ses attaques contre le paganisme sont animées de cette inspiration malfaisante ; son glaive a deux tranchants, ïm qui atteint la superstition et Fautre qui atteint le eœor lui-même dans ses plus nobles fibres. On peut comparer l'œuvre de Lucien au poème immortel du Dante pour retendue et la variété des sujets; c'est aussi une comédie gigantesque qui comprend trois mondes, seulement elle n'est pas divine , et elle ne nous fait entendre qu'un rire amer et dégradant. Ce n'est pas Virgile, le poète aux larmes sacrées, qui sert de guide à l'implacable moqueur, comme pour le grand Florentin, c'est Diogène ou Ménippe, le cynique, dont la dent venimeuse s'attaque à tout ce qui a été honoré, admiré et adoré sur la terre et dans le ciel. Parcourons rapidement sur ses pas les cercles du monde païen ; nous comprendrons alors le jugement qu'un tel homme a porté sur le christianisme.

Les Dialogues des morts sont consacrés à une revue de toutes les gloires de l'ancienne Grèce. Les héros Eabuleux comme les grands princes passent tour à tour devant le cynique et ne disparaissent qu'après avoir reçu une flétrissure. Achille, Âjax, Âgamemnon, sont réduits à la plus mince valeur; Alexandre est traîné aux gémonies. La grandeur poétique comme la grandeur historique sont également sacrifiées. Lucien éprouve un vif plaisir à déchirer les voiles brillants de la poésie homérique qui enveloppaient les commencements héroïques et fabuleux de l'histoire de la Grèce, comme les nuages pourprés recouvrent la campagne au matin. Il soufQe en quelque sorte sur toutes ces

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