REVEIL DES PRINCIPAUX ORACLES
à peu en désuétude. C^est ainsi cpie les plus antiques oracles, dont les partisans du paganisme avaient signalé avec tristesse la disparition, reprenaient du crédit ; des voix fatidiques qui semblaient éteintes pour toujours se faisaient entendre de nouveau , depuis qu'elles étaient sûres de trouver de l'écho dans une crédulité complaisante. Au temps de Plutarque, il ne restait en Béotie, la grande patrie des oracles, que celui de Trophonius à Lébadéa. Les autres contrées de la Grèce ou de l'Asie Mineure qui en avaient possédé d'illustres les avaient également perdus, et le fameux oracle d'Ammon en Libye était tombé en oubli. Cet état de choses changea soudain sous les Antonins, les anciens oracles eurent un retour de popularité et de gloire; on les visita assidûment. La pythonisse de Delphes monta de nouveau mr le trépied sacré, elle eut des rivales écoutées à Glaros, près de Golophon ; à Ihdyme, près de Milet, où l'on revint à l'antique coutume des réponses versifiées. La prétresse de Didyme se préparait dans la retraite du sanctuaire, par un jeûne sévère de trois jours, à recevoir l'inspiration du dieu. A Argos, d'après Pausanias, la pythonisse buvait, pour entrer en extase, le sang d'un agneau sacrifié. Les tendances du temps mirent en grand crédit Poracle de la déesse syrienne à Héliopolis * .
La foi dans les songes et la confiance dans les devins avaient toujours été entretenues dans le monde païen, même aux jours de sa plus grande incrédulité; mais
i DœllingM', Ihidenthum und Judenthum, pages 649^ 969.