L'ENCAN DES PHIL060FHES
cours sur la vertu, en inTectiyes contre la mollesse. Mais à peine a-t-il été aux bains et s'est-il assis au fes* tin, à peine a- t-il bu dans la large coupe qu'un esclave loi présente, que Ton dirait qu'il a goûté Feau du Léthé ; il fait tout ce qu'il a condamné le matin. Il se jette esmme un oiseau de proie sur les mets pour s'en repaître tout seul, il arrache les plats à ses voisins de table, et, le menton trempé de sauce, il dévore comme on chien ; on le voit cqurbé sur les coupes, comme s'il T cherchait la vertu * . Il prend peine à ne rien laisser qui se puisse manger. » C'est ainsi qu'il approfondit son sujet. « Quand il est ivre, comme il a le vin raisonneur et disert, ses discours du matin sur la sobriété hn retiennent en mémoire, et il les balbutie d'une langue épaisse. » Enfin on remporte de table, s' accrochant de ses deux mains à la joueuse de flûte. A jeun, personne ne peut lui disputer la palme du mensonge, de Taudace et de l'avarice. C'est le premier des flatteurs et des parjures. La fausseté le précède, l'impudence le suit. Au demeurant, c'est l'homme le plus sage, le plus parfait, le meilleur ami de la vérité.
Lucien ne se contente pas longtemps d'une raillerie équitable, car ce n'est pas tant la mauvaise philosophie que la bonne qu'il veut percer de ses traits moqueurs. Son fameux dialogue de VEncan des philosophes prodigue les sarcasmes aux plus nobles comme aux plus vils représentants de la philosophie antique ; cette con-
fosion est le meilleur moyen de la discréditer. Nous
1 KaOiicep 2v TaTç 'kotcdat t})v dip£Ty)v eâpifjcreiy xpoaSoxûv. (Uden. Edition Didot^ p. 86.)