‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 56 sur 277 · Î L'ENCAN DES PHILOSOPHES · texte numérisé non relu

Î L'ENCAN DES PHILOSOPHES

sommés introduits dans un yaste marché à esclayes où Mercure procède, au nom de Jupiter, à la vente de divers philosophes. Socrate, Epicure, Pythagore, Diogène, Démocrite, Heraclite, Chrysippe, Pyrrhon, sont vendus, et chacun cherche à se surfaire auprès de l'acheteur. Lucien tourne cette scène de marché en une sorte de comédie philosophique, dans laquelle chaque système est l'objet d'une mordante critique. Celle qu'il fait du pyrrhonisme est excellente; c'est la partie irréprochable du dialogue.

L'Acheteur. — Que sais-tu?

Ptrrhok.— 'Rien.

L'Acheteur. — Gomment cela?

Pyrrhon. — Parce que rien ne me semble exister réellement.

L'Acheteur. — Nous ne sommes donc rien?

Pyrrhon. — Je ne puis le dire.

L'Acheteur. — Tu ne sais pas si tu es quelque chose?

Pyrrhon. — Cela moins que tout le reste.

L'Acheteur. — 0 douteur éternel! mais à quoi bon cette balance ?

Pyrrhon. — Je compare les raisons diverses des choses; je les pèse, je les égalise, et, quand les deux plateaux sont égaux, je ne puis naturellement rien décider.

L'Acheteur. — Quel est le terme de ta science?

Pyrrhon. — Ne rien savoir, ne rien écouter, ne rien voir * .

A 'H à\ia^laj xat xb (JLifiTe ixoùetv (jLifJTe 6pav. (Lucien. Edit. Didot^ p. 163.)

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