PARODIE DU MARTYRE
Us se flattaient de trouver Pérégrinus encore en vie.... La plupart s* en retournèrent quand je leur eus dit que la chose était finie , excepté ceux qui ne tenaient pas tant à voir cette scène que le théâtre où elle avait eu lieu, et qui voulaient recueillir quelques restes du feu. » Qui ne reconnaîtrait ici ces chrétiens de Smjrne recueillant pieusement les cendres à peine refroidies de Poly carpe ?.•.<« Pour les imbéciles, sottement avides du merveilleux, dit le même narrateur, j'ajoutais, de mou cru, quelques détails tragiques; par exemple, qu'au moment où le bûcher flambait, et que Pérégrinus s'y précipitait, il y avait eu un tremblement de terre, accompagné d'un mugissement affreux ^.. » Ce dernier trait fait remonter la raillerie du disciple au divin Maître lui-même, car il contient évidemment une allusion aux circonstances extraordinaires qui accompagnèrent la mort du Sauveur du monde.
Toute la polémique de Lucien contre le christianisme a donc abouti à parodier le martyre. Pour Vhomme dont Tunique soin était de couvrir des fleurs de son style la grande maxime du matérialisme : Mangeons et buvons, car demain nous mourrons^ le chrétien qui marche volontairement au supplice n'est pas seulement le plus malheureux des hommes, il est encore le plus insensé. Le bûcher des confesseurs est, après la eroix du Christ, la plus puissante protestation de l'invisible contre le visible, de l'esprit contre la matière, d'un
wlnt dmour contre une égoïste volupté, et pour tout
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