H 2 RAILLERIES CONTRE LA PASSION DU CHRIST
le privilège de tous * . Tous les peuples ont eu leurs apothéoses ; la seule différence entre le dogme chrétien et les autres religions, c'est que la divinisation du Christ a été moins méritée que celle des héros antiques. Les Minos et les Amphyon ont rendu de bien plus grands services que lui. « Qu'as -tu donc accompli, ô Christ, de si beau et de si admirable en parole ou en action, bien que les Juifs t'aient pressé dans le temple de donner un signe éclatant de ta divinité^? »
Après avoir discuté les faits principaux de l'histoire évangélique, le scribe réserve ses plus amères railleries pour le récit de la Passion. L'éponge de fiel est vraiment présentée une seconde fois au Christ crucifié. Tout d'abord Jésus -Christ n'a pu annoncer sa mort à ses disciples; car s'il l'eût prévue, il l'eût évitée. Quel est le Dieu, quel est le génie, quel est l'homme prudent qui prévoyant un malheur se garderait bien de s'y soustraire, s'il le pouvait, mais s'y précipiterait tête baissée ^? » Pour celui qui ne voit qu'une folie dans le dévouement l'objection est singulièrement forte. « Si un Dieu, reprend le juif, a prédit ces choses il était nécessaire qu'elles s'accomplissent. Ce Dieu a donc, contraint ses propres disciples, avec lesquels il mangeait et buvait, à fouler aux pieds toute notion du juste et du
1 Contra Cels., I, 57.
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