‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 69 sur 277 · RAILLERIES CONTRE LA PASSION DU CHRIST. U · texte numérisé non relu

RAILLERIES CONTRE LA PASSION DU CHRIST. U

Inen. Il aarait dû montrer surtout aux siens la bien- TeiUance qu^il témoignait à tous. Jamais on n'a vu un homme tendre des embûches à ceux qui vivent dans son intimité. C^est pourtant ce qu'a fait ce Dieu-là, et, ce qui est plas absurde, il a tendu des pièges à ses amis pour les rendre traîtres et impies ^ » Une telle accusation, sans portée dans la bouche d'un païen fataliste, était bien placée dans celle d'un Juif, et elle pouvait embarrasser au premier abord. Elle avait une gravité particulière parce qu'elle mettait en cause la sainteté parfaite du Sauveur ^. Le polémiste déploie une habileté pour le moins égale quand il cherche à établir que la mort de Jésus-Christ ne saurait être considérée comme un châtiment volontairement assumé par lui. En eifet, s'il est mort parce qu'il l'a bien voulu, il n'a pas été châtié; la croix n'a fait que combler ses désirs ^. Digne héritier de ses pères, les insulteurs de la crucifixion, le Juif de Celse suit pas à pas le Sauveur du monde dans le chemin qui l'a mené au Calvaire et se moque de chacune de ses souffrances. Il entre avec lui au jardin de Gethsémané; il contemple d'un œil sec son agonie, il entend sans émotion ses gémissements, et, quand il le vût se traînant dans la poussière qu'il baigne d'une sueor de sang, il l'accable de cette cruelle ironie : « Le

• Aôrbç ô Osbç toÏç cuvrpaxéÇotç èxeôouXcuce, xpoB^raç y.al 5ucstfâïç xoiwv. [Contra Cels., 11, 20.)

• 'E-pwtXeï T(|p 1y)(jou wç (jl^ SstÇavit eauibv xaviwv Sy) y,ay,(5v XflRopeùovra. [Id,, II, 41.)

• A^Xov Srt ôeÇ cvrt xat pouXo[JLév(î) our* ^Xy^ivà, oui' àvtipa \t ta xorà YvàjxYjv xp(>>(Aeva. [Id., II, 23.)

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voilà qui se lamente, qui pleure et qui demande à grands cris d'être délivré de la crainte de la mort * . » Le rôle du Juif ne se dément pas un instant, il a toutes les fureurs des contemporains de la crucifixion, il n'est point désarmé par les scènes les plus touchantes et les plus sublimes de la Passion. Le spectacle du Christ traîné de tribunal en tribunal ne lui arrache pas d'autres paroles que celles-ci : « Comment regarder comme un Dieu celui qui n'a pas tenu une seule de ses promesses, et qui, après avoir été confondu par nous, condamné et jugé digne de mort, a cherché les retraites les plus obscures et a été pris dans la fuite la plus honteuse^? » Pilate, qui Ta condamné, n'en a reçu aucun dommage'. Il n'avait qu'une poignée de disciples, et ils l'ont abandonné. Pendant tout le cours de son ministère il n'a rallié à sa doctrine que dix matelots ou publicains de la pire espèce*. Encore n'a-t-il pas réussi à les rattacher vraiment à sa cause. « Ceux qui avaient été avec lui pendant sa vie, qui avaient écouté sa voix, qui l'avaient eu pour maître, dès qu'ils le virent torturé et mourant, ne voulurent braver avec lui ou pour lui ni la mort ni les tourments; bien plus, ils nièrent qu'ils fussent ses disciples ^. » Résumant vivement toute cette polémique,

» T( o3v TUOTV'.aTat 7,al èoupcTai; [Contra Cels., 11,24.) « Id., \h 9.

•W(i.,ll, 34.

(Id., II, 46.) » KoAaÇc'^svov y.at àiroôVTfjcrxcvTa opûvTsq cutx crjvairéOavcv ,

5UTS jTTspa-iOavov a'jTOu. {Id,, II, 45.)

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