‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 70 sur 277 · CRITIQUE DC RÉCIT DE LA RÉSURRECTION. H · texte numérisé non relu

CRITIQUE DC RÉCIT DE LA RÉSURRECTION. H

Celse s'écrie, par la boache de son Juif : « Les chrétiens nous donnent comme Fils de Dieu, au lieu du Yerbe dÎTÎn très pur et très saint, un être méprisable, on cmcifié * . »

On le iroit, Celse et son Juif étaient de cette espèce d^bommes ponr lesquels le succès présent est la mesure de la mérité. Bléme en se plaçant à ce point de me, la Tésarrection de Jésus-Christ sérieusement admise ferait tomber les objections les plus fortes contre le christianisme, puisqu'une crucifixion qui aboutit à ime telle gloire n'est plus une mort infamante. Aussi le jinf met-il tous ses soins à ébranler la foi à ce grand tût, qni est la base de la prédication apostolique. Il rappelle d" abord que Jésus-Christ n*est pas le premier imposteur qui ait annoncé un tel prodige et ait séduit ainsi de nombreux auditeurs. Prthagore, Orphée, Hercale, Thésée, voilà autant de ressuscites, si nous en croyons les légendes populaires. Pourquoi ce que MUS traitons de fable absurde dans Vhistoire de ces personnages mythiques, deviendrait-il une vérité quand 1 8*agit de Jésus-Christ? Les ténèbres subites, le tremblement de terre, tous ces signes qui, d'après les dffétiens, ont annoncé sa mort, n'indiqnent-ils pas dairement le caractère légendaire du récit? « Eh quoi! celui qui n'a pu s'aider lui-même pendant sa vie, serait sorti vivant du tombeau et aurait montré les

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marques de sa mort dans ses mains percées ' ? >» Quels sont d'ailleurs les témoins de ce miracle? Une femme fanatique, des hommes ensorcelés comme elle par les arts magiques , qui ont rêvé la chose ou bien se sont figuré que ce qu'ils désiraient était arrivé, si toutefois, ce qui est plus croyable, ils n'ont pas voulu par ce mensonge accréditer leurs autres impostures*. Si le Christ voulait rendre sa divinité évidente, il fallait qu'après sa résurrection il se montrât à ses ennemis, à ses juges, à tous les hommes enfin ^. Où est-il maintenant, afin que nous voyions et croyions? Car s'il ne nous est pas possible de croire, il faut admettre qu'il est venu pour nous pousser à l'incrédulité, puisqu'il n'a pas pu même convaincre ses propres disciples*.

Celse a habilement exploité la polémique du judaïsme contre le christianisme ; il en a tiré tout le parti possible, et cependant ce n'est qu'un prologue à sa propre polémique. Il jette enfin son masque juif pour frapper les grands coups. Tout d'abord il se retourne contre son allié d'un moment, et avant d'entrer en lutte directe avec le christianisme, il attaque sans pitié le judaïsme, comme s'il ne s'était pas appuyé sur lui. C'est qu'il sait qu'en définitive les deux religions reposent sur le même fondement, sur la foi au Dieu

1 "^Oti Sy) Çwv [làv oùy. è7UY]py.£(j£v £a'jT(|), vexpb^ 3' àvéaxY). {Contra Cels., II, 55.)

• Aià TOtoÔTOu tj/eùjjJwcTOç àçopiiYjv àXXotç àyOpTaK; xapaoj^eïv.

[Id., II, 65.)

• Id,, II, 63. • Id., II, 77, 78.

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