‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 7 sur 277 · GRAND CRÉDIT DES MYSTÈRES VENUS D'ORIENT · texte numérisé non relu

GRAND CRÉDIT DES MYSTÈRES VENUS D'ORIENT

verses natures, figurait le voyage de Tàme jusqu'au lieu de son repos et de son triomphe. Apulée avait paré des plus brillantes broderies cette poétique légende *. Les besoins les plus profonds du cœur étaient ainsi trompés par des fables ingénieuses qui ne pouvaient pas plus se substituer à la vérité pour les satisfaire qu'une sucrerie malsaine ne remplace le pain pour apaiser la faim.

Les mystères qui comptaient le plus d'initiés n'étaient pas ceux de Tancienne Grèce : c'étaient ceux de l'Egypte et de l'Orient, parce qu'ils consacraient plus ouvertement le naturalisme. Au fond, nous y retrouvons toujours la même donnée : la nature y est considérée non-seulement comme la puissance bienfaisante de laquelle procèdent tous les biens, mais encore comme la puissance réparatrice qui est capable . de sauver l'homme. Il y a là une évolution et un progrès dans le naturalisme. A ses origines, il présente la nature tout à la fois comme la mère féconde de toute existence et comme la grande puissance de destruction. Il l'adore tour à tour sous cette double face, comme un principe de vie et comme un principe de mort, et les rites sanglants se mêlent aux rites voluptueux. Tel est le naturalisme babylonien. La religion persane ne se contente plus de cette juxtaposition des deux puissances ennemies; elle les heurte dans un choc éternel, elle oppose Ormuz à Ahrimane : c'est une religion de lutte qui aspire à vaincre la mort par la

* Voir VAne d*or, liv. IV et V.

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