‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 71 sur 277 · CELSE SE RETOURNE CONTRE LE JUDAÏSME · texte numérisé non relu

CELSE SE RETOURNE CONTRE LE JUDAÏSME

personnel, libre créateur du monde. S'il parvient à renverser cette base, TAncien et le Nouveau Testament seront enveloppés dans une même ruine. D'ailleurs, il ne peut oublier que malgré Thostilité qui a éclaté entre leurs représentants actuels, les deux religions sont étroitement rattachées Tune à l'autre; la seconde 86 réclame de la première; elle invoque ses livres sacrés et plonge ses racines dans son passé historique. C'est donc toujours le christianisme que Gelse combat dans le judaïsme. De là son acharnement contre ce dernier. •« Après tout, dit-il, la dispute entre les chrétiens et les Juifs roule sur une bagatelle, sur Fombre d'un âne, comme dit le proverbe M » Ils sont d'accord pour toot ce qui est essentiel, et malades de la même folie. En effet, la seule différence à signaler entre eux consiste en ce que les chrétiens prétendent que lo Christ est déjà venu, tandis que les Juifs l'attendent dans l'avenir. Ceux-ci ont beau se donner pour le peuple de Dieu, leur origine est connue, leurs ancêtres étaient des rebelles égyptiens, chassés et condamnés dans leur patrie pour avoir voulu y introduire des nouveautés. C'étaient les chrétiens du temps; ils avaient le même esprit factieux ^. Leur grand prophète et législateur Moïse ne valait pas les premiers législateurs de la Grèce, les Linus et les Orphée. Ses livres que l'on n'a pas le droit d'interpréter allégoriquement rabaissent misérablement la Divinité en lui donnant les

* 'Ovcu oxioç Wi^i' [Contra Cels., ni, 1.) « 'AjjL^OTépciç atxtov YÊTOvévai vfi^ xaivorciAia; tc (rraaiiÇetv spbç TC xcîvcv. (/d , ni, 5.)

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passions des hommes ' . Quant aux autres prophètes, leurs oracles ne sauraient être comparés à ceux de la Pjthonisse qui ont guidé la pérégrination de peuples entiers ^. Les Juifs n'ont pas même su conserver intacte la croyance en un seul Dieu, car par une étrange inconséquence, ils adorent à côté de lui le ciel et les anges, tout en refusant leurs hommages aux astres brillants, à la lune et aux étoiles qui font partie du ciel ^. Où est leur supériorité sur les autres peuples? Leur Dieu ne leur appartient pas, car leur Jéhoyah n'est que le Jupiter grec défiguré. Leurs institutions sont empruntées aux autres nations; ils ont emporté la circoncision d'Egypte. Les ruines fumantes de leur cité sainte et leur dispersion ne sont pas faites pour démontrer qu'ils soient le peuple favori du ciel *. S'il est un peuple vraiment antique et vénérable, qui puisse se vanter de ses origines et de son passé, ce u'est pas en Judée qu'il faut le chercher, mais eu Chaldée ^. Il n'est pas vrai que pour Celse le judaïsme se confonde si complètement avec les autres religions ; sinon il ne l'attaquerait pas avec autant d'acharnement. Ce qu il hait eu lui, c'est précisément sou dogme essentiel, c'est le principe du théisme, c'est la doctrine de l'unité de Dieu et d'une création libre.

« Ces misérables bergers, dit-il dans uu passage où il reconnaît explicitement le caractère original de la religion hébraïque, ces misérables bergers, en suivant leur Moïse, se sont laissé prendre à des ruses grossières

» Contra Cels., I, 17, 18. « Id., VIU, 3. »///., V, 6.

♦ /û?.,V,41. » M., VI, 80.

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