‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 73 sur 277 · ILS SONT INUTILES AU MONDE · texte numérisé non relu

ILS SONT INUTILES AU MONDE

et concluante que soit leur défense. On se demande alors à quoi bon discuter? Cet appel du philosophe au proconsul jette d'emblée un grand discrédit sur toute son argumentation, et range toutes les âmes généreuses dans le parti opposé.

Les chrétiens sont présentés par Celse comme de dangereux novateurs qui ébranlent Tordre social en rompant Tunité de l'empire, et en affaiblissant le principe monarchique qui en est la gloire et le soutien. « Si tous vous imitaient, dit-il, le chef unique qui doit tout gouverner serait bientôt abandonné En portant atteinte à ce grand principe, vous méritez d'être châtiés * . » Poursuivant son rôle de dénonciateur, Celse présente sous le jour le plus faux les réunions forcément secrètes des chrétiens ^ ; il assimile leurs agapes à ces associations coupables que frappait la loi, parce qu'elles cachaient des desseins factieux « Le lien de leur association, dit-il, est la rébellion; l'avantage qu'ils espèrent en retirer, est une lâche peur'*. » Les commotions intérieures de l'empire se multiplient depuis que la secte chrétienne a grandi. A supposer que ses adhérents ne fussent pas des factieux, ils sont au moins des membres inutiles de la société ; ils en négligent ou en repoussent tous les devoirs. Le philosophe les exhorte ironiquement à aider le prince, à partager le fardeau de ses labeurs pour la patrie, à prendre les armes pour lui et à combattre sous ses

» Contra Cels., VIII, 68.

» Coîitra Cels,,\\\, 14.

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