‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 77 sur 277 · Î4 LE LANGAGE DES ECRITURES EST BARBARE · texte numérisé non relu

Î4 LE LANGAGE DES ECRITURES EST BARBARE

ont compté une multitude de sectateurs, ils se sont divisés en partis innombrables, et chacun a eu sa faction, ce qui est bien conforme à leur tendance primitive ^ » Ils se condamnent les uns les autres tout en retenant un nom commun ^.

Abordant enfin la polémique directe contre la doctrine chrétienne, il l'attaque sous trois points de yue; il se moque de la forme qu'elle a revêtue; il critique la méthode qu'elle a suivie, et s'efforce enfin de ruiner le fond même de l'enseignement. Un homme comme Celse était incapable de discerner la vraie grandeur dans quelque domaine que ce fût. Il ne pouvait pas plus admirer la simplicité de l'Evangile que les sublimes vérités qui y étaient révélées. La religion nouvelle avait abandonné l'usage exclusif des belles langues de la Grèce et de Rome; elle parlait aux peuples barbares leur rude langage, afin d'en être comprise. Cette condescendance semblait à Celse un honteux abaissement'. Il appelait bas et humble le langage des prophètes et des apôtres*. En digne fils de la Grèce, toujours passionnée de la beauté artistique, le philosophe revenait fréquemment sur ce sujet, et raillait sans pitié le style simple et vivant de l'Ecriture qui lui semblait si fort au-dessous de son goût délicat, et qui était en réalité trop au-dessus de lui pour qu'il l'admirât. L'idolâtrie de la forme a totale-

» STûccetç tB(aç l^^etv l^aaroi ôéXouct. {Contra Cels,, III, 10.)

3 /c?., VIII, 37.

* C>Tfjaiv etvat tSttOTixoù; "kô^ouq. [Id, \i\, 68.)

IL IIANQUE DE DIALECTIQUE. 1ii5

nent perverti son sens esthétique, et la beauté simple Id échappe comme la vérité; on voit qu'il ne se préoccupe plus que de la draperie et de rornementation. GMivenons-en, TEvangile à ce point de vue est un livre barbare; mais il est permis de se demander si la pire barbarie n'est pas celle qui consiste à sacrifier le fond à la forme et la pensée à Féclat du langage.

Si la forme dans le christianisme parait défectueuse à Cebe, il n'est pas moins sévère pour la méthode d'exposition. Il n'y reconnaît aucun des caractères d'un enseignement philosophique ; né de l'ignorance et de k superstition, il est demeuré fidèle à cette honteuse ffigine. On ne retrouve pas en lui cette dialectique savante qui enchaîne les propositions les unes aux autres, les fortifie par les meilleurs arguments et amène f&i à peu Fesprit à une conviction raisonnée * . Les dirétiens méprisent la raison, qui seule nous prémunit Goatre Terreur et les superstitions les plus grossières et nous empêche de croire aux apparitions fantastiqaes, du genre de celles de Hithra et d'Hercule. Beaucoup d^entre eux ne veulent ni recevoir ni donner des preuves de ce qu'ils admettent. Leur langage ordinaire est : Ne cherche pas^ cantente^tm de croire : Uifm te sauvera. La sagesse de cette vie est mauvaise; la stu* fidité est banne '. > Ces derniers mots ne font que tra- Testir une parole de saint Paul '. Celse affirmait que b

* Contra Cels., I, «.

» Voir 1 Cor. UI, 11, !•-

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