LARGES EMPRUNTS FAITS A PLATON
croyance à la divinité du Christ ne reposait sur aucun examen sérieux, mais simplement sur une confiance aveugle, sur un préjugé en Fair^ Nous verrons plus tard avec quelle haute éloquence et quelle profondeur chrétienne Origène a écarté ces objections; elles n'en devaient pas moins produire une vive impression sur les adhérents de la philosophie antique, car ils mettaient leur gloire précisément dans cette dialectique transcendante qui constituait à leurs yeux l'aristocratie de la pensée.
De la méthode, Celse passe au dogme lui-même. Il distingue deux éléments dans renseignement chrétien : Tan qui renferme d'incontestables vérités, et l'autre qui ne contient qu'erreurs et superstitions. Il conteste au premier élément toute originalité. Ce que le christianisme a de vrai, il l'a de commun avec la philosophie en général ou les religions qui l'ont précédé. Celse l'établit d'abord pour la morale et il s'efforce d'enlever à l'Evangile l'honneur de l'avoir épurée et renouvelée^. Il prétend que le précepte de l'humilité qu'il a décrié ailleurs a été emprunté à un passage des lois de Platon mal compris ^. La sévère condamnation des richesses attribuée à Jésus-Christ se lisait bien des siècles avant lui dans les écrits du même philosophe qui avait déclaré que celui qui brille par son opulence ne peut briller par sa bonté*. Celse citait les plus beaux passages des dialogues de Platon, afin de convaincr
« Contra Ceis., HT, 39.
* 'Qç où c;c[jLv6v V, 'm\. 7,aLvh) ^âOvjixx. (Jd,, T, 4.)
5 /^/., Vr,15. ^ Id., VI, IG.