‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 82 sur 277 · ROLE IMPORTANT DES DEMONS · texte numérisé non relu

ROLE IMPORTANT DES DEMONS

«eptible pour lai d'une interprétation rateonnaUe, grâce à cette chaîne vivante aux anneaux innombrables qui part des derniers êtres pour aller se river au trône du Dieu suprême. Au contraire^ il n'y a nul moyen de s'entendre avec une religion comme le christianisme qui adore un Dieu imique, et lui attribue la création du monde entier* Yoilà pourquoi Gelse ne se contente pas de combattre l'idée chrétienne de la création, mais écarte encore ce monothéisme implacable qai Toit dans les démons des êtres maudits, et qai transiorme les dieux intermédiaires en ténébreuses puissances contre lesquelles il &ut lutter. « Dieu, dit-il 4iprès Platon, n'a rien fait de mortel, il n'a produit que -ce qui est immortel; les êtres mortels sont rœavrc 4'une autre création. L'âpie est l'œuvre de Dieu^ h corps est d'un autre créateur ; il ne diffère en rien da ver et de la grenouille; il est fait de la même matière et il a le même principe de corruption * . » Ces autres créateurs qui ont organisé la matière sont précisément les dieux inférieurs ou démons que les chrétiens ont le tort de rejeter dans l'enfer. Ainsi, le culte des démons ^se rattache étroitement aux principes fondamentaux du système de Celse et on comprend qu'il le défende avec âpreté; car de l'issue de cette question spéciale, et qui au premier abord semble secondaire, dépend l'issue de la lutte entre le spiritualisme monothéiste et le dualisme : « Pourquoi, dit-il, nous serait-il dé-

* '0 [Lhf 6ebç oSSèv Ovyjtov èTCotyjaev, àXkà [x6va xà àOccvaia, Ta ôvr^w «XX<av &Ttv èp^a. [Contra Ceh., IV, 54.)

NEGATION DE LA GHOTE. Ul

taida d'adorer les démons * ? N*y a-t-il pas un admimstrateur poissant commis à la sarreillance de chaque chose? » Celse reconnaît explicitement que la nature entière est sous la direction des démons. En effets si les chrétiens veulent les repousser, il faut^ daprès lui, qo*ils renoncent à yivre : « Les fruits qu'ils mangent, le lia qu'ils bmyent, Feau qu'ils puisent, Fair qu'ils respirent, tous ces bienfaits leur yiennent de quelque démon ^. S'ils refusent leur culte à ceux qui président à notre existence, qu'ils ne prennent point de femme^ qa^ils n'aient point d'enfants, qu'ils sortent entièrement de la vie*. » Celse rapporte avec approbation la fable égyptienne Qui attribue à la surveillance d'un démon ou d'un dieu céleste la santé de chaque portion du corps *. Ces divers passages servent à préciser sa pensée. S'il défend le polythéisme et combat le dogme chrétien de la création, c'est afin de sauvegarder le énilisme platonicien et de maintenir dans leur éternelle opposition le principe spirituel et le principe matériel'^.

An nom des mêmes idées, Celse écarte absolument k notion du mal moral et de la chute. Il est conduit à ee résultat parla logique de son système. En effet, sans liberté, il n'y a pas de responsabilité, et par conséquent

* A(Â t( ÔatfjLOva; ou ôepairîUTéov. {Contra Cels,, VU, 68. Ctomp.

Tm,î-ii.)

*Oàx Spa vapd tcvcdv Bai|jti6vu>v gxaata toOtcov Xa[Ji5<£vou(Ji' (W., vin, 28.) » Id., VIII, 35.

* Id.y VIII, 58.

* Banr a admirablement élucidé la polémique de Gclse sur la doctrine des démons. (Ouvr. cité, p. 391 et suivantes.)

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