NÉGATION DE LA CHUTE
pas de culpabilité possible. Dès que Ton admet que le mal résulte de la constitution même d*un être, il ne loi est plus imputable ; il faut aller plus loin et reconnaître qu'un mal nécessaire n'est pas vraiment un mal, qu'il ne Test que relativement et en apparence , mais qu'en définitive il contribue à l'harmonie de l' ensemble, à la convenance, à la beauté du tout. Le platonisme, malgré de saintes inconséquences où Ton retrouve Tinspiration d'un profond sentiment moral, n'en a pas moins abouti à cet optimisme métaphysique^ surtout dans l'élaboration qu'il a subie après sa grande époque. Le bien étant la spiritualité et l'unité, tout ce qui est corporel et individuel est entaché de mal , et cependant il est nécessaire que des êtres corporels et individuels existent; il s'ensuit que le mal, chez eux, concourt au bien de l'ensemble. Sur ce point, il y avait incompatibilité absolue entre le christianisme et la philosophie antique. C'est ce qui ressort nettement des déclarations de Cclse. « Il n'y a eu, dit-il, ni antérieurement, ni actuellement, et il n'y aura jamais ni plus ni moins de mal. La nature de l'univers est toujours identique et la production du mal ne variera pas * . » Ce monde, œuvre de Dieu, est un tout parfait ; ses parties n'existent pas pour elles-mêmes, mais se rapportent au tout. Chaque être conserve le rang dans lequel il a été placé *. Ainsi le mal n'a aucune réalité, et il va se fondre dans l'harmonie universelle. La première consé-
1 Mta ^ Twv 8X(i)v çuœk; xal r\ aîxT^. (Contra Ceh., IV, 62.) * '0 ti x6ffiJi.oç <î); àv 6eou êpYOV ôXéxXr^pov xai TeXeiov èÇ àirdvTWV -f(veTat. (Id., W, 99.)