NEGATION DE LA RÉDEMPTION
qa'il sabisse un changement; ce changement sera cessairement une dimination de sa beauté et de bonheur ; ce sera une dégradation, et par conséquent une transformation du bien en mal. Mais cette transformation ne peut se réaliser, car les choses périssables sont seules soumises an changement ; ce qui est immortel, au contraire, est immuable par lui-même. Bien n*a donc pu subir de changement * . Celse va jos* qu'à appeler honteuse toute idée d'incarnation ^. A supposer qu'un fait semblable eût pu s'accomplir, pourquoi serait-ce après tant de siècles qu'il serait Venu à la pensée de Dieu de ramener les hommes à la justice'? Faut-il croire avec les chrétiens que la contemplation du Très- Haut étant d'un accès difficile^ Dieu aurait enfermé son esprit dans un corps sanblable au nôtre, pour que nous pussions le saisir et le posséder sous cette forme *? Mais, alors, pourquoi donner à son esprit une si vile enveloppe? Ne pouvait-il pas Im donner une forme céleste qui eût banni toute incrédulité^? Si l'Esprit divin animait le corps de Christ, ce corps aurait dû surpasser tous les autres en grandeur^ en beauté, en force, en majesté. Il ne se peut^ en effet, que celui qui possède quelque chose de divin que n'ont pas les autres, ne l'emporte pas sur eux, et cependant le Christ ne différait en rien des autres hommes; U
1 Ou/, Sv ouv TauTY)V TYjV jJLSTaêoXvîV 6£bç diypizo. {Contra Cels., IV, 34.)
2 Id., IV, 2.
' MsTà TOcouTOV a(tôva. {Id., IV, 9.)
* Id,, VF, G9.
» Id., VI, 73.
RAILLEHIES GOm'RE L'INCARNATION. 4 3S^
était, dit-on, de petite taille, et son visage était sans beauté et sans noblesse ^ Si Dieu, comme le Jupiter de la comédie, s'est soudain réveillé d'un long som* ■eil pour sauver le genre humain, pourquoi a-t-il en* Toyé son Esprit dans un coin de la terre? Il aurait dh le répandre dons une multitude de corps et le disse- ■iuer dans le monde entier. Ne sommes-nous pas singidièrement égayés quand nous lisons dans un poëte comique grec que Jupiter, à peine réveillé, a envoyé Mercure aux Athéniens et aux Lacédémoniens? « Ke prêtez-vous pas bien plus à rire, ô vous qui déclarez ^e le Fils de Dieu a été envoyé aux Juifs ^? 11 parait fie tandis ', qu'il dormait Dieu avait oublié les ordres qQ*il avait autrefois donnés par Moïse à son peuple, car il lui avait commandé de s'enrichir par la couquëte, de • répandre à flots le sang de ses ennemis, sans épargner personne. Et voici que le fils prétendu de Dieu pronnlgue une loi précisément contraire : il prêche le pardon des injures et la pauvreté ! Comment expliquer one telle contradiction? Dieu a-t-il condamné sa propre législation ' ? » Cclse conclut toute cette discussion sur rincamation en accusant les chrétiens d'être tombés dans un matérialisme abject. Ils veulent en effet contempler Dieu par l'œil du corps, au lieu de ie content» de l'intuition morale recommandée par la
* AX/Jt w; ^izi '^'.xpbv y.at cusîics; y.at T(ZTfï^ fy, {Contre- Cdi.^ VI, 75.)
hivj Tbvuwv. (W., VI, 78.)
* "H TÛv 2ui>v vc^v [ksr:i'^f(ù \f {Id., VIÎ, 18.)