‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 86 sur 277 · LES MIRACLES ASSIMILÉS A LA MAGIE · texte numérisé non relu

LES MIRACLES ASSIMILÉS A LA MAGIE

philosophie. « Yoos êtes, dit -il, les plus ridicules de tous les hommes, vous qui maudissez comme des idoles les autres dieux visibles, pour adorer un simulacre qui est la plus méprisable des idoles, que dis-je, une idole 1 €*est un mort, et vous en faites Timage du Père éternel * ? » Gelse prévoit que les chrétiens lui opposeront les miracles de Jésus-Christ ; aussi cherche-t-il à les ravaler le plus possible. Il ne les nie pas. U croit, avec tous ses contemporains, que des forces cachées dorment dans le sein profond de la nature, d'où la magie les fait sortir. Aussi ne révoquait-il pas en doute le pouvoir miraculeux de Jésus-Christ et des apôtres. « Soit, disait-il : nous croyons que ces choses ont été faites ^. » Mais il assimilait ces miracles aux sortilèges des goètes. A-ton jamais pensé à voir des fils de Dieu dans les magiciens égyptiens, qui, pour quelques oboles, accomplissaient mille prodiges, chassaient des démons, évoquaient Tâme des héros et guérissaient des maladies ? Celse pensait que la magie agissait sur les hommes captifs de la matière; mais c'était une raison de plus pour lui de la mépriser, et il se plaisait à faire rejaillir cet opprobre sur le fondateur du christianisme.

Après avoir reproché au christianisme de rabaisser misérablement Fidée de Dieu, Celse Taccuse de dépasser toute mesure dans la glorification de la créature

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àW <î); '^zy.ph'^ fféôovrec, xai izarçipOL 2[i.oiov auT(o ÇtqtoDvtsç. {Contra Cels., VII, 36.)

* Id,,\, 68; 11, 50.

GELSE ^BAISSE L'HUMANITÉ. 437

faimiaiiie. Chose étrange, ce philosophe orgueilleux qui apoarsoiyi de ses sarcasmes les plus mordants Fhumilité commandée par TEvangile, se plaît à ravaler, à dégrader Thomme, à lui ravir la couronne de gloire que le péché lui-même n'a pu complètement flétrir, et à lui contester sa filiation divine. L'orgueilleux platonicien, qui frémirait d'indignation à la pensée de se ranger parmi ces humbles et ces ignorants, adorant un cmcifié, et qui croirait sa dignité compromise s'il acceptait la doctrine de la chute, n'hésite pas à infliger i rhomanité une flétrissure indélébile. Il n'a pas assez de railleries pour ces misérables Galiléens qui ont une croix pour étendard ; et ce philosophe superbe trouve son plaisir à traîner le genre humain dans la boue en le plaçant au-dessous de la brute. C'est ainsi que l'orgueil aboutit & la honte, tandis que Thumilité tend à la gloire. L'Evangile respecte l'humanité tout en la condamnant ; la philosophie de Celse la dégrade en la discolpant. Au reste, jamais rien ne l'honorera davantage (pie la doctrine qui lui donne un Dieu pour rançon. Il y a autant de bassesse que d'orgueil & ne pas accepter k prix infini de notre salut ; car on ne se plaît à avilir rhumanité qu'afin de se dispenser du repentir; on espère s'élever plus facilement au-dessus d'un niveau jrios rabaissé.

La prétention des chrétiens et des Juifs d'avoir part inx plus étonnantes faveurs de la Divinité, paraît à Celse le comble du ridicule. Il les compare à des fourmis sortant de leur fourmilière, ou & des grenouilles se débattant dans leur marais, ou à des vers tenant église

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