‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 87 sur 277 · L'HOMME MIS AU-DESSOUS DE LA BRUTE · texte numérisé non relu

L'HOMME MIS AU-DESSOUS DE LA BRUTE

dans un bourbier infect qui se disputeraient ea qwt qoe sorte la palme du péché et se dévoreraient les vaaâ les autres. << C'est à nous seuls, disent-ils, que Dieu, a annoncé et révélé ses desseins ; pour nous il néglige le monde, les cieux et tout ce qu'enferme la terre ; ses soins se concentrent uniquement sur nous, à noos seuls il envoie sans cesse ses délégués, et il n'est pré* occupé que de la manière dont nous lui serons éteiacjr lement unis^ » Ces vers de terre poussent Taudace jusqu'à dire : « Nous sommes les êtres les plus rappror chés de Dieu. Il nous a faits entièrement à son image \ Toutes choses nous sont soumises; la terre, Teaa^ l'air, les astres, tout a été créé à cause de nous et dûii nous obéir. Comme quelques-uns de nous sont ei^Ur chés de péché^ Dieu viendra lui-même ou enverra son Fils pour consumer les impies dans les flammes et som introduire dans la vie éternelle'. » « De telles prétentions, ajoute Celse, seraient plus supportables de la part de vers ou de grenouilles que de la part de Juifs ou de chrétiens. »

Ce n'est pas tant aux Juifs et aux chrétiens qu'il veut prodiguer le mépris qu'à la nature humaine ^oi soi; le ver de terre qu'il se plaît à écraser ou à rouler dans la fange plutôt que d'admettre qu'un Dieu se soit abaissé jusqu'à lui, c'est l'homme; il trouve une satisfaction

» ïlavxa x6jfxov xai ty)v oùpavtov (popàv àxoXtxù)*;, -^Tv [jl^toc; è[J!.zoXlT£6cTai. {Contra Cels., IV, 23.)

2 ôebç èoTtv, eiTa [jl£t' £y,£Tvov ïjjxcTç Otc' auTOu y£vovot£î xo^-^qr; 5|xo'.ct 6£to. (Id„ Vf y 23.)

' 'A<p{Ç£Tat 6£bç T^ '7céjjw}^£t xbv ut^v. [Id., IV, 23.)

UnOtMME lus AC-1»:S60US DE LA BRUTE. 43»

iapîe à le mettre au dernier degré de Téclielle dos Itres, et pour mieux j arriyer il trace un parallèle très Maâlé entre lui et les animaux, qui est tout à Favantige de ces derniers. £n effet, ils vivent à moins de bus que nous, et ils n'ont pas besoin darroser de leur neur les aliments qui les nourrissent. La nature entière est une table chargée pour ea\\ Nous n'avons fis le droit de nous élever au-dessus d'eux, par le WÊUtàl que nous les cluissons et les immolons. Eux aussi Misehassent et nous dévorent, sans qu'il leur soitné- CBMÎre de dresser une meute ou de tendre des filets', flivons invoquez votre civilisation, les villes que vous Mtissez, les lois que vous formulez, les magistrats que WK choisissez, regardez les fourmis et les abeilles. La ôté la mieux policée ne vaudra jamais une ruche. Ce piH royaume a ses guerres et ses victoires, et on n'a fifà compter les cadavres des frelons pour reconnaître fie la justice 7 est rendue. Bien plus, les fourmis ont kor sépulture dans laquelle elles conduisent solennelieneiit leurs marts^. Elles ont une raison suffisante, les «otions conmunes, des vérités générales*, et il Knh possiMe qse, si noos prêtions une oreille attcntiie, noas les entendissions parler entre elles. Si quel- ^*QB regardait da ciel sur la terre, il ne verrait [los •I glt la différence entre les fioarnMS et les homiiie»^.

* Contra Cet*,, IV, 7«.

« W., nr, 7S.

)»ib Tïv6v. \^4., IT, SS J » W., IV, 85.

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