‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 88 sur 277 · LHOMME MIS AU-DESSOUS DE LA BRUTE · texte numérisé non relu

LHOMME MIS AU-DESSOUS DE LA BRUTE

Si Ton objecte qu'au moins Thomme est un animal religieux, Gelse répond que les oiseaux n*ont pas moins de religion. Nous devons même admettre qu'ils ont une société bien plus intime avec les dieux, puisque nous nous adressons & eux pour connaître la tolonté divine. Les éléphants donneraient des leçons aux hommes pour la fidélité aux engagements, et ils méritent la palme de la piété* . Les bêtes ne sont donc pas seulement plus sages que Thomme, elles sont encore plus chères à Dieu^. Il résulte de tout ceci que le monde n'a pas plus été fait pour Fhomme que pour les lions, les aigles et les dauphins. Il est étrange de voir le représentant de la philosophie élever l'instinct bien au-dessus de la raison et repousser fièrement la folie de la croix au nom d'une si dégradante sagesse! Il était conduit à ces résultats honteux par son panthéisme qui abaissait complètement la barrière entre le monde matériel et le monde moral. Supprimez la liberté, et l'homme est le plus malheureux des animaux.

Cette négation de la liberté conduit Celse à déclarer impossible la grande transformation morale à laquelle le christianisme veut nous amener par la conversion. « Il est évident, disait-il, que si le péché est une tendance naturelle développée par l'habitude, ni châtiment ni pardon ne sauraient l'extirper^. » Ainsi tel

* Contra Cels,, IV, 88.

« Ou pii^vov coçwTepa eivai Ta àXo^a tûv Çcbwv t^ç àvôpàicwv (pÙGSWç àXXi Ym ôsoçiXéarspa. (Id,, IV, 99.)

' AîJXov OTt Toù; à[ji.apTàv£iv ireçux^raç ts xat £i0tc7[jLévouç, oî5Set<; av cùSe y,o>.aÇ(ov xivTY) [Ji.£Ta6iXoi \K'^':ir(e èXewv. {Contra Cels., m, 65.)

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