‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 94 sur 277 · PASTICHE DES EVANGILES · texte numérisé non relu

PASTICHE DES EVANGILES

«âge refuse toute récompense, en disant qu'il est impossible de savoir si la vie était tout & fait éteinte dans le corps qu'il a ranimé. Ce récit est à la fois une parodie et une critique du miracle opéré par Jésus-Christ dans la maison de Jaïrus * . Captif et à la veille de mourir, Apollonius annonce & ses disciples intimes qu'ils le verront apparaître au moment où ils le croiront mort. Comme ceux-ci, en effet, étaient plongés dans une profonde tristesse, leur maître se présente soudain au milieu d'eux. Pour leur ôter l'idée qu'il n'est qu'un fantôme, il leur commande de toucher son corps de leurs mains ; et ils se convainquent, comme Thomas, de la réalité de son retour^. Apollonius a aussi son ascension ; il disparait dans un temple de Crète de devant les yeux des hommes. On entendit alors comme un chœur de jeunes filles qui raccueillait en chantant cet hymne : « Quitte la terre, remonte au ciel, remonte '. » En outre, le sage divin est apparu plus d'une fois depuis sa mort pour confirmer sa doctrine.

Ces analogies entre la vie d'Apollonius et celle de Jésus-Christ sont évidentes. Le livre de Philostrate nous initie à la tactique des défenseurs du paganisme; ils cherchaient à frapper le christianisme avec ses propres armes, et à le supplanter en l'imitant. Mais, de même que dans les mystères de Mithra, l'imitation est purement extérieure; la dissemblance n'en est pas moins profonde et radicale. Apollonius demeure toujours le Christ de l'éclectisme panthéiste et de la gnose orientale, la flottante personnification de

* Philostrate, IV, 46. * Id., VIII, 42. ^ Id VÎII, 31.

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