APOLLONIUS SANCTIONNE TOUT LE VÀSSÈ
assidûment de Tun à l'autre et disait : Il n'est pas m ^eul dieu qui me repousse * . Il poussait si loin sa Yénération pour les divinités de toute espèce, qu'il blâmait «évèrenient Hippolyte d'avoir refusé ses hommages à Aphrodite ^ Il se mettait ainsi à la tête de la réactim païenne, mais c'était pour l'épurer et l'élargir. Il semblait servir la cause du progrès en abjurant le particularisme étroit qui avait empêché trop longtemps le mélange des peuples et des idées. « La Grèce, disait-il, est partout pour un sage; il ne regarde comme barbare aucun pays , s'il vit sous les lois de la v^rtu^. « Fidèle à ces principes, Apollonius par- •court le monde et ne méprise aucune source d'instruction. Obéissant fidèlement à l'impulsion de son temps, il estimait par-dessus tout la sagesse de l'Orient, et, pour l'acquérir, il entreprit les plus longs et les plus périlleux voyages. Il se rendit dans les contrées ^ui séduisaient le plus l'imagination de ses contem* porains. Après avoir visité tous les temples de la <Trèce et s'être fait initier à tous les mystères, il séjourna à Babylone pour s'entretenir avec les mages ^; il écouta au bord du Nil les austères représentants du plus antique des sacerdoces*; il ne s'arrêta dans ses Toyages que lorsque, sous les forêts sacrées de l'Inde, il eut conversé avec les brahmes et se fut initié à leur
ascétisme effréné. « Vous m'avez introduit dans le ciel, par votre sagesse, leur écrivait-il plus tard*. » Philostrate a soin de peindre les voyages lointains du sage
* Philostrate, V, 40. » Id., \l, 3. ' Jd., 1, 35. * Id., T, 25. 5/c?.,VII, I. 8/^.^111^5.
SES MIRACUIS, SON ASCÉTISIiE. 154
SOUS les couleurs les plus poétiques. Apollonius re-
trouYe SOT le Caucase les liens qui ont enchaîné Promé<*
diée ; il iroit en Egypte la fameuse statue de Memnon ,
etrinde est pour lui un pays de merveilles, où des ani-
ëtrangeSy presque divins, se promènent près des
immenses sous le dôme des grands arbres. L*i--
Bagination populaire trouvait ainsi tout ce qui pouvait
k flatter dans TEvangile bigarré de Philostrate. Apol<*
lonias -parle en maître à la nature et en est toujours
obéi; il pénètre le mystère de ses forces cachées et les
ëirige à son gré. En vain Philostrate essaye-t-il de le
distingaer des vulgaires charlatans, des enchanteurs
fanions qni pullulaient dans le monde, il ne parvient
pas à en &ire autre chose qu^un magicien '. Aussi bien
étaitrce nne peine inutile que de le présenter avec un
iBtre caractère à une génération avide de meneilleux
et passionnée de magie. Apollonius flattait encore par
am anstérité les tendances favorites d*une époque qui,
9oas rinfloence des idées orientales, éprouvait un vif
eatihonsiasiiie pour Tascétisme , et il inspirait Tadmi-^
ntÎMi à reox'lâ même qui n'eussent point voulu s*as*
tnândre à ces macérations. Dédaigneux de tous les
biens tenesties. le sage avait repoussé avec mépris
l'or et les diamants que les rois ses admirateurs met-
fiieni à ses pieds*. En vrai disciple de Pytliagore. il
i^abstenait complétesient de la chair des animaux '. et
se retasaii ésaîement le§ douceurs de la famille. 11
■aichjîi n-^ed$. sTOssierement tAïu. sans rien
* PhDificn&t. V31^ i- * Se. E- il. - jc-- E- '-