‹ Histoire des trois premiers siècles de l'église chrétienne (volume 4)Chapitre 97 sur 277 · SON AMOUR DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

SON AMOUR DE LA LIBERTÉ

posséder, le bâton de Toyage en main, comme Tanstère pèlerin de la philosophie. « Je dois aller, disailril, partout où la sagesse et le dieu intérieur me poussent ^ » Philostrate trouve un sûr moyen de rehausser encore la gloire et Tinfluence de son héros en en faisant une sorte de tribun philosophe qui résiste ouvertement aux tyrans et souffre courageusement pour la liberté. Il lui donne Yespasien pour disciple, et ses conseils ont appris à celui-ci à gouverner le monde avec justice. « L'art de gouverner, disait Apollonius au futur empereur, est ce qu'il y a de plus élevé sur la terre; mais on ne peut pas l'enseigner. Je te dirai cependant ce qu'il te sera utile de faire. Ne regarde point comme une vraie richesse ce qui vient des hommes gémissant sous l'impôt, car c'est un or faux et noirci que celui qui vient des larmes. Contiens en de justes bornes la liberté que tu as de tout faire, et tu en useras bien. Que la loi, ô prince, règne sur toi^ ! » Quand il est en présence de tyrans tels que Néron et Domitien, Apollonius se montre indomptable; il leur résiste en face. Comparaissant à la barre de Domitien, il se soucie si peu du César romain, qu'il ne le regarde même pas, et lorsque l'accusateur le somme de regarder le dieu de tous les hommes, il élève ses yeux vers le ciel '. Oublieux de sa propre personne, il défend bien plus la cause de la justice qu'il ne cherche à sauver sa vie : « 0 empereur, dit-il, mets un terme aux cruautés et à l'effusion du sang; fais à la philosophie ce que tu voudras, car elle

» Philostrate, 1, 18. « Id., V, 36. » Id., VIII, 4.

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